les impertinences d'el tezierin

06 décembre 2006

ANTONETE OU LA PROFONDEUR MADRILENE

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photo ci-contre provenance site :www.geocities.com

Le maestro et sa célèbre méche blanche, qui lui est apparu trés tot.

Que dire du style "ANTONETE" qui ne soit pas en dessous de la réalité? De ces passes amples et interminables, dont il avait le secret, transpirait la rumeur du public madrilène, exigeant, austère et profond. ANTONETE, fragile et délicat, a pourtant traversé le temps, de succés en fiascos, de blessures en adieux et de retours en triomphes!

Antonio CHENEL ALBADEJO, est né à MADRID le 15 juin 1932. Marqué par les idées politiques de son père, ANTONIO vient d'une famille modeste. Aussi la famille, vient vivre à la place LAS VENTAS chez le beau frère PACO PAREJO, qui est chargé de l'intendance des arênes. ANTONIO a donc salit ses culottes d'enfant dans le sable de la monumental, autant dire que le tendido 7 la vu grandir.

Pourtant malgré  son environnement, ANTONIO ne se lance que tardivement  à "los toros", en débutant sans picadors, sur son terrain de jeu, "les ARENES DE LAS VENTAS", avec les charros MEXICANOS.

Il débute ensuite avec picadors en février 1951 à BARCELONA. Puis vient la présentation à MADRID, le 5 juin 1952, aux cotés de MANUEL PERERA et "CARILES" devant du bétail de NICASIO LOPES NAVALON. Ce cartel est répété le 12 et 16 juin suivant. ANTONETE est d'amblée apprécié par le public madrilène qui s'accomode de son poignet souple et ample.

ANTONETE prend l'alternative à CASTELLON DE LA PLANA, le 8 mars 1953 , son parrain est JULIO APARICO et son témoin le grand "PEDRES". Le toro de la cérémonie se nomme "CARVAJAL" et appartient à la ganaderia FRANCISCO CHICA.

Il confime quelques mois plus tard, son alternative dans ses chères arênes de LAS VENTAS. Face à du bétail d'ALIPIO PEREZ TABERNERO, il recoit la confirmation des mains du grand lidiador RAFAEL ORTEGA, en présence de JULIO APARICIO. Le toro de la confirmation se nomme "RABON".

A partir de là, la carrière d'ANTONETE s'avère prometteuse. L'année 1953, le jeune matador torée 36 corridas. L'on peut déja à l'époque percevoir les style d'ANTONETE.

A la cape ANTONETE impressionne pour l'amplitude de ses véroniques et pour le temple qui en dégage. Ses fins de séries sont souvents ponctuées par de majestueuses réboleras. A la muleta, ANTONETE  respecte à la lettre les canons classiques de la tauromachie. : Démarrant ses faenas, des barrières en gagnant vers le centre, avec de magnifiques rédondos. Puis il y a cette main gauche, qui donne des naturelles, templées et cadencées, dans la plus pure tradition du torero classique, en pesant sur le toro. Mais trés vite, l'on percoit chez ANTONETE, un fragilité évidente, qui fera son malheur et en même temps le charme de son style.

A droite cette photo provenant de www.platayoro.org. Le maestro donnant une dérechazo. On peut percevoir, la maitrise et le temple dont il s'avait preuve.

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En effet, le 19 mai 1954, il est grièvement blessé à LAS VENTAS, par un toro de BARCIAL. Rebelote en 1955, où il se fait prendre, de nouveau à MADRID. Les années passent, ANTONETE , torée une quarantaine de corrida par an, il va torée en AMERIQUE LATINE. Les succés sont là, mais les performences d'ANTONIO, sont irrégulières. ANTONETE, peut donner une faena magistrale à un toro, comme il peut se décomposer face un cornupede qui ne l'inspire pas. De plus ANTONETE, se sent fragile, et plus années passent, plus il a l'impression de ne pouvoir compter sur son physique. Aprés 20 années d'ALTERNATIVE, et une carrière importante, même si en dents de scie, il se retire à MADRID, le 7 septembre 1975, et c'est son beau frère, qui lui coupe la coleta.

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PHOTO A GAUCHE PROVENANT DU SITE www.geocities.com, les adieux d'ANTONETE à MADRID, en 1985.

Mais trés vite, il renie ce départ et torée des festivals ca et là. Il réapparait le 12 avril 1981 à MARBELLA, aux cotés de RAFAEL DE PAULA et de CURILLO, face à un élevage qu'ANTONETE affectionne, les JOSE LUIS OSBORNE. En effet, entre cette race de toro et ANTONETE ,c 'est une grande histoire, qui démarre en 1966, pour une SAN ISIDRO. Un jour de corrida ou ANTONETE, triomphe d'un OSBORNE, tout blanc comme le veut la race de cette ganaderia (Origine SANTA COLOMA.) Le toro se nomme ATREVIDO et ANTONETE lui donne une des plus grandes faenas de sa vie. Ce jour là , il donne une une lecon de tauromachie, en commenceant par des demi dérechazos,qu'il enchaine par des naturelles d'un grande profondeur  et conclu par une estocade dont il avait le science! Car à MADRID, on tue bien. ANTONETE, sort par la grande porte de la MONUMENTAL. Depuis là, les toros blanc d'OSBORNE, seront ses toros favoris. L'année 1985, il coupe une oreille à deux toros restés à la postérité, LAMPISTERNO, numéro 60, qu'il tue à CORDOBA, et GALINERO, numéro 86, qu'il tue à ANTEQUERA. Avec cet élevage, il se sent à l'aise, si les toros imbistent bien, il se donne, car c'est nécessaire pour son torero. Mais l'année 1985, est néamoins décevante, même si le style ANTONETE a gagné en profondeur, les succés sont trop irréguliers. Pourtant, le public , s'extasie devant ses cites de loin et ses entammes de faena, avec la muleta tenu en main gauche et l'épée qui agrandit l'étoffe, comme le faisaient les toréros du temps jadis, JOSELITO, BELMONTE. A MADRID, on aime ca et ANTONETE, reste ANTONETE. Mais, un jeune toréro, du cru, talonne le vieux sage de LAS VENTAS, il se nomme EL YIYO, et si son style rappelle celui d'ANTONIO, sa technique et sa jeunesse lui permettent de triompher plus souvent.ANTONETE, en homme sage le sait et ne s'en offusque pas, il a pris d'affection le jeune YIYO, mais le 30 août 1985, il est là en habit de lumière et assiste à la mort prématurée du jeune diestro dans les arênes de COLMENAR VIEJO. ANTONETE décide de quitter les ruédos à jamais. Il torée une ultime corrida toujours à MADRID, aux cotés de CURRO VASQUEZ, entre autre, mais ne coupe pas d'oreilles, on le sort par la grande porte,  l'on est décu et lui aussi. Il réapparait à nouveau entre 1987 et 1988 et obtient des succés d'estime. Il toréait dans des festivals, jusqu'à il y encore peu de temps, son style ne vieillit pas, mais l'homme vieillit et cette douce fragilité, devient de la fragilité pure et dure et implacable. Antonete intervient sur CANAL PLUS ESPAGNE, pour le commentaire des corridas.

antonete

ANTONETE, aura démontré que la tauromachie n'est pas un sport, et que le temps donne de l'ampleur à la suerte taurine. Cette fragilité prématurée, lui aura finalement permis de durer, car on a jamais vraiment rien attendu de lui. Mais le public a toujours été dérouté par ses gestes mémorables. ANTONETE reste et restera un grand nom de la tauromachie, il n'a rien inventé, mais il aura défendu et consolidé l'art taurin, dans la plus pure tradition classique.Aussi il est permis d'appeler, celui qui boit un verre de wisky avant chaque corrida, MAESTRO!

Photo provenant du site www.ociocritico.com, le maestro se préparant à donner une naturelle dont il avait le secret.

CETTE PUBLICATION EST DEDIEE A MON AMI JEAN-PAUL, AFICIONADOS DE LONGUE DATE, GRAND ADMIRATEUR D'ANTONETE ET GRAND CONNAISSEUR DE LA TAUROMACHIE ET DE SON HISTOIRE.

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30 octobre 2006

JULIO ROBLES LE TORERO DU TERROIR

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ROBLES et son visage longuiligne, il ressemble à un lord anglais. Photo provenant du site : www.toro2000.com

Ce jour là, le ciel est gris comme le plomb, les mouches viennent se coller à la peau suante des spectateurs. Alors que Carmen raisonne dans les arênes, il entre dans un costume bleu azur et or,le visage crispé et l'allure fière. Dans quelques secondes, les aguaziles qui saluent la présidence, vont venir chercher le paseo, et il va défiler en tète de cortège! JULIO ROBLES,qui d'ordinaire, défile en gris  dans une arêne ensoleillée et sous un ciel d'azur, change les rôles. Il défile en bleu azur sous un soleil de plomb. Il a confiance, cette année le public l'aime bien. Ce modeste torero d'AVILA a connu des mauvaises années, et pourtant il n'a pas rompu, il est né toréro et mourra toréro. JULIO ROBLES c'est le toréro du terroir, le paysan modeste qui a dans son coeur toute une richesse cachée. Ses lingots à lui, se nomment "patiente" et "travail", ses diamants s'appelent "courage" et "volonté". Telle fut la carrière de ROBLES, sinueuse comme la terre où il est né!

JULIO ROBLES est né le 4 décembre 1951 à FONTIVEROS province D'AVILA. Provenant d'une famille rurale, JULIO se passionne trés tôt pour la tauromachie, admiratif ,qu'il est, du diestro local et national " EL VITI".

ROBLES débute comme bécerrista, le 28 aoùt 1968  ,  prés de chez lui à VILLAVIEJA DE YELTES (SALAMANCA) . Il débute avec picadors, le 10 mai 1970 à LERIDA, aux cotés de PACO NUNEZ et AVELINO DE LA FUENTE, devant du bétail de PEREZ TABERNERO. Il se présente à LAS VENTAS, le 10 juin 1972 aux cotés de celui qui sera son rival et qui comme lui vient de la province de SALAMANCA, PEDRO GUTIERREZ NINO DE LA CAPEA. Mais ce jour là ROBLES coupe une oreille à son premier JUAN PEDRO DOMECQ et donne deix vueltas al ruedo. Entre le salamantin CAPEA, et le jeune ROBLES , la compétencia s'annonce dure. Si le public reconnait le bagage de ROBLES, il est néanmoins envouté par le prodigieux  talent de CAPEA, qui apparait comme un surdoué de la tauromachie. ROBLES n'en est pas moins inquiétant pour NINO, car sa tournée en FRANCE s'avère prometteuse.

JULIO prend l'alternative le 9 juillet 1972 à BARCELONA. Son parrain est le grand DIEGO PUERTA et son témoin PACO CAMINO. Le toro de la cérémonie se nomme "CLARINERO" et porte le fer JUAN MARIA PEREZ TABERNERO. La confirmation d'alternative à MADRID a lieu en 1973. Le parrain est ANTONIO BIENVENIDA et  le témoin, PALOMO LINARES. Le toro du jour se nomme " PERNOTA" et appartient à la ganaderia GALACHE DE COBALEDA. Cette même année , JULIO ROBLES torée 49 corridas.

A partir de là, la carrière de ROBLES sera sinueuse, faite à la fois de coups d'éclats, de graves blessures et d'échecs . Le style ROBLES n'emporte pas les foules, pourtant aucun professionel ne songe à lui contester sa maestria. ROBLES est un savant, il connait les terrains, les distances, c'est un scientifique de l'arène. Son style rappele celui du grand EL VITI, sa silhouette aussi, grande, mince, le nez longuiligne, le visage crispé et sérieux. Comme EL VITI , Julio inspire le respect, la science toréria. Comme EL VITI, ROBLES peut manquer de légéreté, d'émotion. Tous les deux sont des castillans pur jus, comme les gens du coin, ils sont discrets et effacés. Comme les paysans de leur région, ils ont le calme et la patiente de ceux qui savent que le travail peut parfois tarder à payer, mais lorsqu'il paye, il paye comptant!  Alors ROBLES traverse les années, etse bat, tranquilement. On se souvient du trio, VITI, CAPEA et ROBLES chez eux à SALAMANCA, face à l'élevage local  ATANASIO FERNANDEZ. ROBLES a démontré de quoi il été capable. Puis plus tard , toujours à SALAMANCA, le mano à mano avec CAPEA. Là aussi il a décoiffé le prestigieux toréo de SALAMANCA avec qui tout l'oppose.JULIO ROBLES ressemble à un lord anglais viellissant, CAPEA, ressemble à un chérubin surdoué. CAPEA est une figura riche et populaire, ROBLES est un second couteau modeste. Pourtant ce jour là, face à un autre élevage local, "SEPULVEDA", Julio a le sitio, il charge la suerte, puis doucement il enchaine des passes toutes plus justes les unes que les autres. Ce jour là, le public adule son enfant chéri, ROBLES est un prince. Mais dans sa carrière, les blessures seront aussi sévères. Le 22 mai 1980, un toro de JOSE LUIS MARCA le blesse grièvement à MADRID. Puis viennent les années 1980, en dents de scie et un triomphe mémorable le 19 juin 1983 et un autre le 24 à SANTANDER où il sort à hombros aux cotés de CURRO ROMERO et MANZANAREZ, aprés avoir coupé quatres oreilles et une queue. Pourtant s'en suivront dix années d'incertitude, mais ROBLES poursuit sans se décourager, fier, heureux et sérieux dans les ruedos.

1989-1990.

L'année 1989, est une année bénéfique pour ROBLES, il commence à être vu dans toutes les grandes férias et obtient des succés d'estime. En 1990, les choses sont plus éclatantes encore, les aficionados, se souviennent d'une grande faena à NIMES façe aux JANDILLA. Puis de MONT DE MARSAN où il signa une grande faena face à un bicho d' ANTONIA JULIA DE MARCA. Mais le retour de ROBLES au devant la scène, fut une sorte de mort du cygne, qui donne son plus beau chant au moment d'expirer.

En effet, certains signes du destin vinrent assombrir, le ciel éclaircit de cette temporada 1990. Au mois de juillet à PAMPLONA, Julio vétu de gris plomb et or, défile au paseo aux cotés du célébrissime ESPARTACO, blanc et or et du jeune RAFI CAMINO en grenat et or. L'élevage choisi est la familière ganaderia ATANASIO FERNANDEZ. Comme chaque année à PAMPLONA, le public est déchainé. Mais un triomphe à PAMPLONA serait une sorte de point d'orgue pour la bonne temporada de ROBLES. Le maestro ne peut rien faire façe au premier toro de la journée, il est déçu, mais se motive, ESPARTACO coupe deux oreilles  à son premier et pourtant le destin avertit une fois. EL ECIJANO, le péon d'ESPARTACO, chute devant le toro de son maestro, il se lève sans mal, et ROBLES était là pour le quite bien sur. Enfin oublions cela. Viens le troisième toro pour le jeune CAMINO. Le jeune fiston de PACO CAMINO a besoin d'un succés pour réveiller sa carrière endormie depuis 1988. Son toro, un castagno ojo de perdrix, est un vrai ATANASIO, il refuse les capes et se bloque prés des barrières.  RAFI inciste, se bat, monte presque sur le toro pour le faire passer et ça paye! Comme beaucoup d'ATANASIO, son toro finit par aller à "mas" et entrer dans la muleta, le public rugit de "olés". Rafi conclu par une bonne estocade qui lui octroie deux oreilles. Pari réussi pour CAMINO et  ROBLES apprécit en connaisseur. Enfin le quatrième toro de la journée est en piste, il est pour Julio qui vient de se regonfler. Les aficionados français, présents ce jour là, ne peuvent pas s'empécher de comparer l'armure de l'ATANASIO de ROBLES, au PANOLERO de NIMENO,serait-ce un autre signe du destin ? ROBLES ne va pas finir comme NIMENO? Non pensez vous, il se méfiera. Il est vrai que les cornes sont impressionantes. ROBLES appréhende délicatement le cornipède, qui ne charge pas trop mal  dans sa cape. Le maestro, comme souvent,  n'esquisse pas un sourire, mais plutôt des tics qui laissent apparaitre sa concentrention. Le beau cornu ne rentre dans la pique qu'en poussant d'une seule corne. ATANASIO aurait il une lignée MIURA? Bien sur que non, mais il y aurait de quoi se poser des questions. Enfin vient la faena, ROBLES est un peu chahuté par le public, car il tarde à se croiser. Mais il se prépare, il construit sa faena, en douceur et puis d'un coup, jambe en avant, il cite son ATANASIO de loin et c'est partit pour une série de déréchazos spectaculaires. Le bruyant public qui n'en croit pas ses yeux, se terre dans un silence religieux et les quelques sons qu'il exulte sont des oles pour ROBLES.La musique joue,JULIO tient le toro, et son visage est moins cripsé. Viennent ensuite une série de naturelles à couper le souffle, si le toro pèse légérement, c'est l'accrochage. ROBLES est grand, ROBLES est bon, ROBLES a vaincu. Il faut maintenant estoquer. Julio a pris l'épée de mort, où va-t-il passer avec de telles cornes? Il place le toro, s'ajuste et bondit sur l'ATANASIO qui au passage l'accroche au genou. La pirouette de ROBLES est impressionante, mais il se relève. Il lui manque une chaussure, et il boite, mais il est entier. Tout le monde a sauté en piste, le destin semble être de la partie et il vient noircir le tableau. ROBLES claudiquant reprend lépée, et c'est un pinchazo.Enfin, il fini par tuer l'affreux ATANASIO, qui repart avec ses deux oreilles. PUNA DE PITON. On voit Julio,le visage crispé par la tristesse et par la douleur au genou qui ne cesse de s'amplifier . A la suite de cette corrida, ROBLES, qui gardera la douleur à son genou quelques jours, devra renoncer à ses prochains contrats. ci-dessous une photo de JULIO, lors de sa terrible journée de PAMPLONA, donnant un doblone. On voit toute la gestuelle du maestro, soucieux de faire baisser la tète à son toro. PHOTO PROVENANT DU SITE : www.resena.es

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BEZIERS et la tragédie des ONZE MOIS.

Ce lundi 13 aoùt 1990, quand il sort de la chapelle vétu de son costume bleu azur et or, ROBLES qui se prépare à mettre sa cape de paseo, vient de connaitre quelques autres triomphes au mois de juillet et début aoùt. Il est là avec se costume bleu qui lui rappele tant son pays castillan, un peu comme tous les costumes qu'il met. (gris plomb comme la roche,  bordeaux comme le vin.) Ce jour là, ROBLES l'ancètre, partage l'affiche avec deux jouvenceaux de la corrida. JOSELITO  et FERNANDO LOZANO . Entre l'austérité madrilène du premier et le style bouillonant et athlétique du second , ROBLES est à sa place. Enfin l'élevage annoncé vient de l'extrémadura. Il s'agit de la ganaderia CAYETANO MUNOZ. Située dans les environs de  BADAJOZ, les couleurs de l'élevage sont bleu et verte. L'origine est CARLOS NUNEZ et TORRESTRELLA, le sang est donc bien andalou. C'est l'heure du paseo, "CARMEN" joue et ROBLES défile à droite (vu de la présidence), comme il se doit puisqu'il est le chef de lidia. Aprés avoir salué le président, il déploie sa cape et au rythme du paseo, il fait quelques passes pour la défroisser. Enfin un employé d'arêne, vient au centre de la piste bitteroise, pancarte en main, où sont inscrits, la ganaderia, le poid, l'age, les couleurs, la devise, le numéro du toro et le nom de ROBLES. Le premier toro va donc sortir, ROBLES qui avec sa cuadrilla a rejoint le burladero, attend le visage tendu, par un tic, si familier chez lui, qui le dévisage.

En effet notre maestro sans doute nerveusement, a souvent le tic, de plaquer la bouche en forme de "T",un peu comme un certain JACQUES CHIRAC, tout en gonflant d'air ses gencives, ce qui lui donne une mimique déformante.

Les clarines sonnent et voiçi TIMADOR, il porte le numéro 123 et pèse 545 kgs. Il est négro y blanco, bragado et il a des cornes relativement courtes. Le torero qui l'a évalué d'un regard, présente sa cape, et lui donne une première véronique dont il a le secret, sur la corne gauche, puis une deuxième, et il semble que TIMADOR, ne baisse la tète qu'à moitié, enfin une troisième véronique à nouveau sur la corne gauche. Le toro entre et semble baisser la tète convenablement, pourtant à mi-parcours, il se redresse et pèse en pleine charge sur ROBLES, le choc est violent, JULIO montre trés haut et bascule sur les cornes de TIMADOR. Le maestro d'AVILA retombe sur la tète. Une fois au sol, TIMADOR le charge et le pousse contre les barrières. On écarte le toro et JOSELITO, aidé de péones et employés d'arênes, relève ROBLES, sonné, qui balbutie quelques mots, et qui semble ne plus pouvoir bouger. Tout le monde comprend qu'on est entrain d'assister à la même tragédie qu' à ARLES, onze mois plus tôt, où le matador français NIMENO II , est retombé sur la tète pendant une voltereta, et ne s'est jamais relevé. Tout l'aprés-midi, les deux maestros qui restent, vont essayer d'animer le public, mais personne n'a envie, tout le monde aurait préféré être chez lui ce jour là. Puis on apprend que comme NIMENO, ROBLES est transféré à la TIMONE à MARSEILLE. Ses fonctions vitales n'ont pas été atteintes, mais il est paralysé des quatres membres. Comme YIYO est mort onze mois aprés PAQUIRRI, ROBLES est tombé ONZE MOIS aprés NIMENO. ROBLES avait réçu la confirmation d'alternative d'ANTONIO BIENVENIDA, lui même tué aprés s'être fait renversé par une vache. Dans la chute, il s'était brisé les cervicales.CI-DESSOUS la terrible voltereta de ROBLES, juste devant la banderole de la pena "NIMENO II", le destin en tauromachie est le maitre du jeu. PHOTO PROVENANT du site: ebay.fr.

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LA FIN D'UN GRAND HOMME.

ROBLES, sur un fauteuil roulant, recevra la visite de nombreux toreros, CAPEA, CANO et même NIMENO qui était dans le même état que lui. Pourtant contrairement à NIMENO, ROBLES prend les choses avec philosophie. "Je suis né torero et je mourrais torero!", dit il à un journaliste, sur son fauteuil roulant. ROBLES continue à suivre les temporadas, il va assister à des corridas, où les maestros lui brindent leur toros. Il est toujours souriant, il pense créer une ganadaria. Lors d'un repas où PONCE et CANO étaient présents, on le descend sur son fauteuil roulant, dans la placita, où muleta en main, attachée au poignet par une cravate, il  donne quelques passes à une vache.

Et puis une tumeur s'installe dans son colon . Le 16 janvier 2001, alors qu'il doit être opéré pour cette tumeur, ROBLES s'endort sur la table d'opération et ne se réveillera plus .Dans son cerceuil, on lui a mit son costume blanc et or soutaché noir qu'il aimait tant. Il est parti rejoindre NIMENO et BIENVENIDA où là bas, n'en doutez pas, il torée des toros tous les jours, et leur donne ses meilleures naturales.

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Ci dessous la statut de ROBLES. Photo provenant du site : www.esculturaurbana.iespana.es

ci dessous à droite, le musée taurin JULIO ROBLES à SALAMANCA, inauguré le 12 septembre 2002. Photo provenant du site : www.casapacheco.net

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13 septembre 2006

DIMANCHE 10 SEPTEMBRE 2006 EL FUNDI SEUL CONTRE SIX

CI-DESSOUS PHOTO D'EL FUNDI PROVENANT DU SITE CORRIDA TV.COM

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La corrida du dimanche aprés midi a redonné ses lettres de noblesse à l'art tauromachique, et cela grace à la maestria d'un seul homme : "EL FUNDI".  En effet la corrida concours annuelle 2006, avait la particularité de ne comporter qu'un seul maestro qui se devait de valoriser les toros de la course. Mission effectuée avec brio, par le diestro de FUENLABRADA. Une corrida-concours étant un événement particulier, nous détaillerons individuellement le combat mené par chaque toro et donnerons dans un même temps, une vision d'ensemble de la prestation d'EL FUNDI.

La Présidence était assurée par Monsieur Gérard MAS assisté de Messieurs BRIGATI et GEYRAUD.

EL FUNDI : VERT ANIS ET NOIR : (Salut au tiers-Silence-2 Oreilles-Salut au tiers-1 Avis,1 Oreille-1 Oreille.)

Angel GOMEZ ESCORIAL vétu de Bleu nuit et or et Miguel Angel GARCIA vétu de Bordeaux et or, officiaient en sobresalientes.

Comme de coutume, la corrida concours est basée sur un réglement, il est bien dommage qu'à ARLES ,  le  réglement eut été quelque peu modifié. Le magnifique petit papier explicatif, qui stipulait les régles de cette corrida concours, expliquait que pour que le toro puisse entrer dans le classement, il fallait qu'il accepte au minimum deux piques! Alors que le véritable réglement stipule qu'il doit en consentir au moins trois! Deux solutions : soit le réglement a changé pour s'adapter au manque de vigueur de nos toros actuels, ce qui est mauvais signe pour la qualité de nos corridas, soit les arênes d'ARLES, ont pris des libertés sur le réglement ce qui est pire! Enfin une régle énoncée dont jespère qu'elle est bien propre à la situation du moment, explique que si un toro abimé devait être changé par la présidence, le toro de réserve serait déclaré hors concours, en revanche  le picador qui le pique resterait dans la compétition. Ce jour il y a trois toros de réserve, pourquoi  sont-ils trois au lieu de deux pour les corridas traditionelles,  nous l'ignorons, peut être est-ce autorisé pour les corridas concours? De plus ces toros de réserves proviennent des ganaderias TARDIEU  et RAMOS, qui participaient déja au concours! Dans ce cas là, la régle peut se comprendre, il est évident que si en réserve il y a des exemplaires de ganaderias qui font partie de la compétition, ce serait les avantager que de permettre à leurs sobréros d'entrer dans le concours! 

LES TOROS

Quatre ganaderias espagnoles : ANDRES RAMOS, VALDESFRENOS, DOMINGO HERNANDEZ et CLEMARES DE PEREZ TABERNERO et deux ganaderias françaises : Heritiers d'AIME GALLON et ALAIN TARDIEU.

Le premier exemplaire de la course appartient à la ganaderia des héritiers d'ANDRES RAMOS, couleurs NOIRE ET OCRE, propriété de MARIA DEL ROSARIO PEREZ TABERNERO. La ganaderia est située  à FUENTEGUINDALDO (SALAMANQUE). Les origines : JUAN PEDRO DOMECQ et ALDANUEVA. L'ancienneté à MADRID est datée du 5 juin 1955. Le toro d'ANDRES RAMOS est nommé "GUSANITO", il porte le numéro 25 et  pèse 580 kg. Il est bien armé, et d'une taille intéressante. Sa charge dans premier temps semble noble, mais l'on peut percevoir qu'il serre sur une corne. Néanmoins le bicho ne semble pas rechigner  à charger sous la pique de DAVID PRADOS en violet et or, (frère d'EL FUNDI), sous laquelle il poussera à trois reprises avec une certaine bravoure, bien que la dernière pique ne soit pas véritablement ajustée. Aprés un bon tercio de banderilles, executé par le maestro lui-même,  la faena de FUNDI est juste et  bien dirigée, surtout à gauche, le toro passant mieux, comme c'est indiqué plus haut. EL FUNDI  fait preuve de pureté et n'hésite pas à revenir sur la corne droite qui est pourtant incommode. Dommage que la demi estocade pourtant bien placée ne soit pas concluante, car au descabello, FUNDI sera un peu plus maladroit et perdra un trophée pourtant bien mérité!

Le deuxième exemplaire de la course se nomme "MARQUESINO", porte le  numéro 89 et pèse 550 kg. Il est né en aoùt 2002, de couleur negro bragado et porte le fer de la GANADERIA VALDESFRENO, couleur rouge et or. Cette ganaderia est située à SALAMANQUE, son ancienneté à MADRID est datée du 16 mai 1994. Cette élevage tient ses origines de PARLADE et PUERTO DE SAN LORENZO. Le propriétaire est NICOLA FRAILE MARTIN. MARQUESINO est un toro à la charge mesurée et hésitante. Des sa sortie, il donne des avertissements déplaisants. En revanche sous le fer, le toro fait preuve de vigeur et reviendra cinq fois, en poussant essentiellement avec la corne gauche. C'est NICOLAS BERTOLI vétu de blanc et noir qui est chargé du tercio de piques, et il exécute avec assurance. La faena de FUNDI sera brève de part la dangerosité de l'animal auquel il n'y a pas grand chose à tirer. EL FUNDI le termine par une bonne entière.

Le troisième toro s'appèle " BELEU" (en provercal, cela signifie "peut-être".) Il appartient à la ganaderia TARDIEU, porte le numéro 99 et pèse 520 kg. Son pelage est negro liston chorreado. La ganaderia TARDIEU qui n'a pas d'ancienneté à MADRID comme les ganaderias qui suivront,tient ses origines des fers de POULY et PEREDA, ses couleurs sont "violet,blanc et or". BELEU s'avère vif dans la cape et d'une grande bravoure au tercio des piques assuré par le picador TOMAS SANCHEZ en saumon et noir. Le toro retournera trois fois à la pique poussant si fort lors de la dernière fois, qu'il mènera la cavalerie jusqu'aux planches. EL FUNDI soucieux de se reposer décide de ne pas banderiller. Il donne une faena engagée, face à un animal qui manque de noblesse et devient dangereux, mais JOSE PEDRO montre qu'il est un véritable lidiador et arrive à donner au toro toute la charge qui lui manque et ce malgré le danger. Un estocade efficace lui permettra de couper deux oreilles bien méritées.

Le quatrième toro est appelé "PIES DE GALGO", il porte le numéro 82 et pèse 510 kg. Avec un pelage colorrado, "PIES DE GALGO" est né en avril 2002, sous le fer des frères GALLON. Les couleurs de la ganaderia sont "vert et noir". La ganaderia GALLON a pour origines les ganaderias HERMANOS SAMPEDRO, MANOLO GONZALEZ et  NUNEZ. Ce GALLON passe bien sous la cape du FUNDI, qui de son coté reste trés engagé avec l'étoffe. Sous la pique de MANUEL JESUS, vétu de Bleu azur et or, il retournera deux fois à la pique, prenant ainsi trois chatiments. Mais la vigeur  ne savèrera pas sans faille chez le bicho, qui montrera des signes de faiblesses aprés le second tercio. FUNDI ,comme à son toro précédent, n'exécute pas le tercio des banderilles.Le maestro prendra à l'animal plus qu'il en a, lors de la faena de muleta, mais devra laisser un toro sur la défensive.

Voici le toro "OSADO" portant le numéro 89, poid 540 kgs, pelage castano bragado. Il appartient à la ganaderia DOMINGO HERNANDEZ, dont les couleurs sont" bleu, incarnat et noir". Les origines viennent de ganaderias diverses, GAMERO CIVICO, PEREZ TABERNERO, GARCIGRANDE, LAMANIE DE CLAIRAC.  OSADO qui était litigieux lors du sorteo à cause d'une corne endommagée a donc été autorisé à sortir en  piste par la présidence et le jury. Dés sa sortie, il montre de trés bons signes, à la cape d'abord  admirablement guidée par  EL FUNDI, qui lui donne superbement bien la sortie, puis à la pique. OSADO ira dont trois fois au chatiment sans rechigner, poussant chaque fois davantage sous la  pique de JUAN CARLOS SANCHEZ, vétu de rouge carmin et or, qui n'a pas trés bien maitrisé la situation, placant mal son équidé. Néanmoins aprés un tercio de piques tout à son honneur, OSADO sera affaiblie. EL FUNDI décide ensuite de prendre les banderilles qu'il pose avec goût et alégria. La faena du FUNDI sera à la hauteur de l'enjeux et du toro, comme pour les quatre autres, même le âpre VALDESFRENO. JOSE PEDRO, donnera la mesure à cet animal d'une grande noblesse, avec un temple et un sitio frissonant. Le FUNDI prend plaisir à toréer OSADO qui, de son coté, donne l'impression de prendre plaisir à être toréé. Il n'est donc pas difficile d'imaginer la joie du public. Seul fausse note, les deux coups de descabello aprés une entière, qui priveront FUNDI d'une deuxième oreille légitime.

C'est enfin au tour d'un exemplaire de CLEMARES PEREZ TABERNERO, dont j'ai déja expliqué ce que j'en pensais dans ma publication sur la corrida du REJON D'OR à Mejannes. Mes impressions du 16  juillet se sont donc confirmées ce dimanche aprés midi, car l'exemplaire de TABERNERO est sortie en boitant d'une manière assez semblable à celle de ses frères tués à Méjannes. Bref aprés l'épisode du toro boiteux, on passe à la sortie d'un sobrero d'ANDRES RAMOS. L'animal bien présenté, donne d'excellents signes de noblesse au premier abord. FUNDI décontracté livre un jeu de cape assez pur, puis mène son toro à la pique. Le bicho retournera trois fois sous la pique de MARC ALLIEN-MARTIN, vétu de noir et or.  La faena de FUNDI est égale aux autres, templées, a gusto. Mais le président faisant la fine bouche en fin de parcours, ne  se décidera pas à demander la musique. FUNDI va donc s'échiner à toréer ce toro qui tout en étant noble n'était pas un bonbon, et si bien que le toro lui accrochera l'aisselle dans un pécho peut être trop engagé.  Le toro  aprés avoir projetté sa proie au sol,a ensuite repris EL FUNDI et la envoyé à quelque mètres devant lui. Cet incident vient non pas du toro qui  s'est avisé comme l'on prétendu les critiques, mais du FUNDI qui était peut être sur de lui. Cela dit pour toréer ce genre de toro, mieux vaut l'être. Mais il y a une erreur qu'EL FUNDI a fait plusieurs fois durant cette course et qui aurait pu lui couter une voltereta à plusieurs reprises. Les toros lui ont quelques fois accroché l'étoffe et FUNDI resistait en tirant de son coté , ce qui a eu plusieurs fois pour effet de le voir presque sur les cornes. Mais il n'empêche qu'il a toréé ce toro d'une main de maitre. Il le tuera d'un PINCHAZO et d'une ENTIERE avec fougue. Aussi la présidence lui accordera une oreille à la demande hunanime du public cela va de soit.

Les picadors était montés sur six chevaux de ALAIN BONIJOL nommés dans l'ordre : PACO (monté par DAVID PRADOS au premier toro.), SAFIRO (monté par NICOLAS BERTOLI au deuxième toro.), QUINCE (monté par TOMAS SANCHEZ au troisième toro.), NUTS (monté par MANUEL JESUS au quatrième toro.), CATALOJA (monté par JUAN CARLOS SANCHEZ au cinquième toro ,) et ICONE (monté par MARC ALLIEN-MARTIN au sixième toro.)

LE TROPHEE DU MEILLEUR TORO DE LA CORRIDA CONCOURS 2006 A ARLES A ETE ATTRIBUE A :

"OSADO" de DOMINGO HERNANDEZ.

Cette décision a été mal vécu par les amies de l'élevage TARDIEU et par ceux qui comme moi ont bien aimé la prestation de "BELEU". Il est vrai que les deux toros ont été bravos à la pique, ils y sont retournés le même nombre de fois et se sont bien battus sous le fer. Mais il est vrai que le DOMINGO HERNANDEZ s'est avéré noble à la muleta ce qui n'est pas le cas du TARDIEU qui lui a montré qu'il était avisé et dangereux. Donc  une point pour la noblesse de l'HERNANDEZ. En revanche le TARDIEU a montré  vraiment sa  rabia lors de la rencontre avec le cheval, bien plus que l'HERNANDEZ, et ensuite il est ressorti de ses rencontres avec la pique, frais comme un gardon, alors que l'HERNANDEZ tirait déja la langue et semblait affaibli. Sur ce point de vue c'est le TARDIEU qui gagne un point. De ce fait il m'est trés difficile de  me prononcer, on regrette qu'il ny 'ait pas deux  vainqueurs, car vraiment les deux méritaient ce trophée.

En ce qui concerne EL FUNDI, il a montré qu'il était un grand torero, un lidiador, comme jadis MANILI, EL MARISMENO,RUIZ MIGUEL, RAFAEL ORTEGA, ANTONIO BIENVENIDA, l'étaient. Il peut être fier de sa prestation de dimanche, car rien n'est à jetter, il a toréé dans le respect du public, du toro, et de ces arênes d'ARLES à qui 'il doit  beaucoup. Il a valorisé ses adversaires, il a été  grand du début à la fin, aprés des corridas comme ça, on se dit qu'on a eu bien raison de revenir quand même, malgré celles qui nous ont déçu!

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12 septembre 2006

SAMEDI 09 SEPTEMBRE A 17H00 CORRIDA

PADILLA ET LES DEUX OREILLES PROVIDENTIELLES

La corrida du samedi aprés-midi aux arènes d'ARLES, a faillit être le théâtre d'un gachis phénoménal, semblable à la corrida de SAMUEL FLORES à NIMES pour pentecôte ! Mais cette fois JUAN JOSE PADILLA, qui était en pleine forme, et qui ne souffrait pas du poignet, a coupé à son deuxième adversaire, les deux oreilles qui ont réveillé un public sur le point de s'endormir. Les deux autres matadors, JULIEN LESCARRET et FERNANDO CRUZ, n'ont pas été en mesure de convaincre, le premier un peu par sa faute, et l'autre par un style froid qui  a du mal à atteindre un public en attente de spectacle et pas toujours connaisseur.  Les toros de SANTOS ALCALDE, furent sérieux de présentation, bien que deux d'entre eux souffraient d'une boiterie certaine, le premier notamment qui fut remplacé par un TARDIEU intéressant. Quand au quatrième toro de la course, il appartenait à la ganaderia ANDRES RAMOS et venait en remplacement d'un SANTOS ALCADE qui avait été refusé au moment du sorteo.

JUAN JOSE PADILLA :  BLEU ROY ET OR avec motifs baroques.( VUELTA-2 OREILLES.)

JULIEN LESCARRET :  VERT AMANDE ET OR. ( SILENCE-SALUT AU TIERS.)

FERNANDO CRUZ :  CREME ANGLAISE ET OR SOUTACHEE NOIR.(SILENCE-SILENCE ET 1 AVIS.)

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photo de PADILLA provenant du site : www.feriafenouillet.com

JUAN JOSE PADILLA qui était le chef de lidia, est le triomphateur incontesté de l'aprés-midi. Son premier adversaire de SANTOS ALCADE étant abimé, c'est un sobrero de TARDIEU qui le remplace. L'animal, un castagno oscuro, aux cornes tutoyant le ciel, est encasté, mais donne de bons signes! Aprés un tercio de piques bien mené par MORENITO D'ARLES qui faisant office de second banderillero, s'est découvert quelques talents de péon de brega, PADILLA signe un tercio de banderilles, avec l'alegria qu'on lui connait. Quand à la faena, elle est significative d'un premier toro pour PADILLA : baroque et trémendista au possible! JUAN JOSE  torée le public, qui ne demande qu'à être templé! C'est néanmoins dommage car l'ensemble manque de profondeur. Pourtant nous verrons que, si PADILLA veut, PADILLA peut! Cela dit, quelques bonnes droitières sont à noter dans cette première faena! Son second toro, un exemplaire d'ANDRES RAMOS, qui est venu en remplacement d'un SANTOS ALCALDE, refusé au sorteo, est nettement en dessus de ses frères toréés la veille. De ce fait PADILLA, nous livre un jeu intéressant. Aprés un tercio de piques efficace  et une série de pallos explosifs, le maestro donne une faena d'une profondeur surprenante! La main est basse, elle va admirablement bien chercher la tète du toro et nous pouvons même dire que la suavité andalouse, pourtant rare chez le nino de JEREZ, nous est apparue comme si elle avait toujours été naturelle chez lui! Bien entendu, tout ceci ne fut qu'une passade, car en fin de parcours, la démarche cassée et tremendista est venue déchainer un public qui n'attendait que cela! Pour finir ce travail plus que satisfaisant, une estocade engagée et efficace, aprés un pinchazo, permettra à JUAN JOSE de couper deux oreilles méritées! Il est à observer que PADILLA avait estoqué son premier bicho d'une seule entière!

Que dire de JULIEN LESCARRET, l'art est difficile pour le modeste plumitif que je suis, car aprés l'avoir vu faire d'excellentes choses à la corrida de YONNET programmée à la FERIA DE PENTECOTE à NIMES, il m'est pénible d'avoir à dire des choses désagréables sur notre diestro xégagonal ! Et oui, LESCARRET est passé à coté de cette course et c'est en partie de sa faute! Son premier toro est un bon adversaire.  Un SANTOS ALCALDE negro , à l'armure quelque peu impressionante, qui ne présente pas de signes particuliers de vice. Seulement LESCARRET va commettre une erreur magistrale! Le public touristique des arênes d'ARLES, dont la légèreté occasionnelle exaspère l'aficionado que je suis, siffle  comme à l'accoutumé, une fois la première pique engagée! Lescarret qui tente d'infliger une deuxième pique aprés ce que je nommerai un picotazo,est l'objet d'une bronca si déplacée qu'elle en est désespérante d'imcompétence et de bétise! Le petit JULIEN cède à la pression, ainsi que le président qui,  étant, il faut bien le dire, d'une nullité encore plus dantesque que celle du public,  demandera le changement de tercio! Résultat de la sottise d'un président zelé et d'un public mal informé, la vigeur du toro, qui aprés le tercio des banderilles va s'avérer ragaillardi! LESCARRET qui d'amblée ne semblait pas être trés rassuré par ce toro, pourtant assez noble, va se sentir faiblir face à la charge encore vive de l'animal! La faena qui va suivre, sera humiliante pour le jeune landais et trés vite le matador va se voir débordé! Pour couronner le tout, plusieurs pinchazos, à l'estocade, puis le descabello que l'on pose pour réestoquer, sous la pression du public une fois de plus

Silence pour le jeune LESCARRET! Son deuxième julien_lescarret_orejaadversaire est boiteux, et la présidence qui n'avait pas fini de montrer son inaptitude à présider quoi que ce soit, ne veut pas le changer, LESCARRET, ne pourra une fois de plus, rien faire!

Photo de LESCARRET provenant du site : www.portaltaurino.com

Enfin FERNANDO CRUZ. Celui là est l'incompris de la journée! Son premier adversaire, certes encasté, permettait de s'exprimer, mais le public dont j'ai vanté les mérites plus haut, attendait du PADILLA, sans PADILLA. Cela va peut être vous étonner, mais CRUZ, leur a servit du CRUZ! Il faut bien dire que ce jeune homme au parcours difficile n'a pas démérité. Mais le style madrilène, peut paraitre bien austère parfois, pourtant ce n'était pas dénué de profondeur! CRUZ a préféré toréer le  toro, plutôt que le public! On ne vous pardonne pas le bien que  vous faites! A son premier adversaire, FERNANDO a servit un toréo de cape engagé, ainsi qu'une faena avec beaucoup de poignet et bien croisée, face à un animal impressionant de part l'armure. Il toréa son deuxième avec le même engagement, mais dans l'indifference générale. De plus il fut malchanceux à la mort! Il faudra continuer à suivre CRUZ , qui pourrait progresser et dont le style madrilène peut se dévellopper et séduire, s'il persévère.

LA PRESIDENCE ETAIT ASSUREE PAR MONSIEUR GARCIN ASSISTE DE MESSIEURS RAOUL ET JUAN. IL NE ME SERA PAS DIFFICILE D'EXPRIMER A CETTE PRESIDENCE TOUTE MA REPROBATION ET MON DEPIS FACE A UNE TELLE IMCAPACITE A DICERNER ! QUAND AU PUBLIC,IL AVAIT PAYE, C'EST SON DROIT DE NE RIEN Y CONNAITRE!

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03 septembre 2006

JOSELITO OU LE DERNIER CHANT D'UN PETIT COQ

JOSE GOMEZ ORTEGA "JOSELITO" 1895-1920.

Photo provenant du site : www clubtaurinoelrabo.com

aaaaaJose GOMEZ ORTEGA est l'un des plus brillants membres, d'une dynastie réputée de toréros gitans : LOS GALLITOS! Il est le fils du matador, FERNANDO GOMEZ dit GALLO (le coq) et de GABRIELLA ORTEGA. Son frère ainée RAFAEL torée sous le pseudonyme de RAFAEL EL GALLO, il est surnommé le "DIVIN CHAUVE", à cause de sa calvitie. RAFAEL EL GALLO sera trés représentatif  de cette catégorie de toréros gitans, fantasques, représentée de nos jours par JAVIER CONDE ou RAFAEL DE PAULA.  Le deuxième fils de FERNANDO qui est le fils ainée, se nommant lui aussi FERNANDO, veut  devenir matador, mais sans succés, il deviendra ensuite banderillero au service de ses frères, mais devra s'arréter à cause de son obésité! Le petit José  né le 8 mai 1895 à GELVES-HUERTA DE EL AGARROBO (SEVILLE), petit village où est installée la famille,veut également devenir matador. Trés jeune, il participe à des tenderos aux cotés de ses frères où il surprend par son aisance et son savoir technique ! On raconte qu'un jour de tienta chez un ganadero, alors qu'il était novillero, le nino doit affronter une vache sur laquelle quelques autres novilleros dont son frère se sont essayés, et se sont fait secouer par cette adversaire apparement trés incommode! Le petit se serait approché de la bète aurait tenté quelques passes de chatiment en bougant beaucoup. Au bout de quelques instants, il se serait tourné vers l'éleveur en disant:" cette vache est intoréable, car elle a déja été toréé!" Le ganadero surpris par la pertinence de la remarque lui aurait ensuite permis de toréer d'autres vaches!

José débute comme bécerrista le 19 avril 1908 à JEREZ DE LA FRONTERA, façe à du bétail de CAYETANO DE LA RIVA et aux cotés de JOSE PUERTA, JOSE GARATE, LIMENO et PEPETE. Trés vite reconnu, JOSE GOMEZ ORTEGA apparaîtra comme novillero avec picadors, sous le pseudonyme de "JOSELITO", bien que le mundillo, connaissant la dynastie dont il est issu, le surnommera naturellement "GALLITO"! C'est sous ces deux apodos que tour à tour,il sera présenté à l'affiche durant sa carrière de novillero et de matador! Ayant un succés colossal comme novillero, il se présente à MADRID le 13 juin 1912, dans les célébres arènes, aujourd'hui disparues, "LA CARRETERA D'ARAGON". Plaza qui était à l'époque la plaza de toros principale de  MADRID, remplacées, depuis 1934, par les arênes de LAS VENTAS qui ne se situent pas dans le même quartier! Dix jours plus tard JOSE se présente à SEVILLE où il remporte un grand succés! Cette année 1912, il  toréé 45 novilladas, ce qui à l'époque est énorme, et se fait blesser une fois!

Il prend l'alternative le 28 septembre de la même année, à SEVILLE, avec son frère RAFAEL EL GALLO comme parrain, face à des toros de la ganaderia MORENO SANTAMARIA. Il confirme à MADRID en octobre de la même année!

Avec une telle ascencion il est bien difficile de ne pas être ébloui par ce jeune prodige, qui laisse apparaître beaucoup de classe dans son style et une technique parfaite! Affrontant les toros les plus difficiles, notamment les MIURAS, avec la même élégance.              Ci dessous JOSELITO en action, nous voyons précisement l'influence BELMONTIENNE, de part le compas ouvert, et le stye "a gusto" de cette naturelle. PHOTO PROVENANT DU SITE : www.elchofre.com AR

Peu de matadors de l'époque ont pu se vanter d'être ses rivaux, à l'exception de JUAN BELMONTE, toréro de TRIANA, que le jeune JOSELITO avait connu dans les tientas, lorsque lui même était maletilla! Ce petit homme si laid avait surpris le chico de GELVES, par sa capacité à rapprocher le toro prés de son corps et à ralentir la charge du bicho! Il ne se doutait pas que BELMONTE allait devenir à la fois son ami et à son cauchemar tant la rivalité sera forte entre les deux andalous! BELMONTE sera avec lui un des principaux artisans de la corrida moderne, et un révolutionnaire dont les principes sont toujours valables de nos jours. JUAN BELMONTE apprendra beaucoup de GALLITO, qui déteindra sur lui pour ce qui concerne l'esthétique, tandis qu'il insufflera à JOSE, le sens du temple.Jose_Juan Ci dessous  les deux grands maestros de la tauromachie, à GAUCHE JOSELITO à DROITE JUAN BELMONTE. photo provenant du site WILKIPEDIA.

JOSELITO néanmoins reignera en pape de la corrida, domicilié à MADRID comme se devaient les matadors de l'époque, il fait et défait les cartels qui dans ces années ne se faisaient pas des mois à l'avance comme c'est le cas de nos jours! Aussi en 1920 aprés un désaccord avec l'empresa de MADRID et à cause d'un public qui l'a injustement traité, JOSELITO s'insurge. Il décide, dans la semaine, de rompre son contrat pour une corrida qui devait être toréée le 20 MAI à MADRID. Jose  accepte le challenge d'un mano à mano avec son beau frère de matador, IGNACIO SANCHEZ MEJIAS, dans une ville de province!  La presse exulte et le public de MADRID est furieux! "Pourquoi JOSELITO nous fait cela? Il a peur des toros qu'il doit affronter, voila pourquoi il trahit MADRID... ", pensent à voix haute les acharnés qui voient en MADRID l'unique endroit où l'on fait des corridas dignes d'être nommées ainsi! Pourtant s'ils avaient pu lire dans l'avenir, ils auraient eux bien d'autres raisons d'empecher le départ de JOSELITO vers une autre plaza de toros! La plaza en question est située à TALAVERA DE LA REINA, petite ville des environs de TOLEDE! Les arènes de TALAVERA ont été inaugurées par le père de JOSELITO, et une petite féria se tient aux alentours de la fin MAI! GALLITO sera donc programmé en mano à mano avec son beau frère qui a fait des études de médecine, puis  a décidé de devenir matador. C'est JOSELITO qui lui a cédé l'alternative, Ignacio ensuite a épousé une de ses soeurs  . Entre les deux maestros , il n'y a pas vraiment de competencia, car MEJIAS est un grand admirateur de JOSELITO, et une affection réelle lie les deux maestros! Enfin ce mano à mano sera l'occasion de bien s'amuser, cette corrida est "bonita" au possible, ce sera une vrai novillada!                                        CI DESSOUS L'ALTERNATIVE DE SANCHEZ MEJIAS vétu d'un costume à parement noir. A gauche JOSELITO lui conférant l'alternative, et tout à droite JUAN BELMONTE, témoin de la cérémonie.   Au premier plan un banderillero. Nous sommes à BARCELONA le 19 mai 1919. Photo provenant du site : www.clubtaurinoelrabo.com

ALTERNAo

LE DERNIER PASEO DE GALLITO

Aprés une nuit perturbée par des douleurs à l'estomac assez fréquentes, Jose se serait réveillé à six heures. Aprés avoir bu une tisane à la camomille pour se soulager, il se serait levé et aurait demandé à ce que l'on prépare les malles pour son départ! A 8h, départ pour la gare à MADRID, IGNACIO SANCHEZ MEJIAS qui doit prendre le train avec eux est anormalement en retard, on apprendra par la suite qu'il a eu une altercation avec quelques passagers du train à la mine patibulaire! Serait-ce un premier signe du destin? Dans le train entre les deux cuadrillas et les deux maestros, l'ambiance est excellente! On parle, on plaisante! Un des deux empresas de TALAVERA, un nommé "VILLAR LOPEZ " est présent avec eux, il s'inquiète car le temps est à la pluie! Le train s'arrète dans une petite gare, et le destin semble à nouveau avertir JOSELITO qui aurait eu une altercation avec un homme mal embouché qui reprochait au matador le pain qu'il mange! Le critique taurin JOEL BARTOLOTTI, dit qu'il n'est absolument pas certain que ce soit à Jose que la mésenvature soit arrivée, mais peut être à son frère Fernando, qui ce jour là faisait partie de la cuadrilla. L'homme menacant JOSELITO avec une arme blanche aurait été poussé par ce dernier qui l'aurait envoyé contre une table en bois qui dans le choc se serait brisée! Par la suite, arrivée à l'hotel EUROPA de TALAVERA,  l'équipe JOSELITO au grand complet, se serait installée! D'autres détails bizarres, qui pourraient être interprétés comme de signes du destin, seraient arrivés, mais nous passerons!

La cuadrilla de JOSELITO, est agrandi pour cette corrida, puisqu'il s'agit d'un mano à mano, et que JOSELITO va devoir tuer trois toros au lieu de deux pour une corrida ordinaire!

Il y a donc cinq banderilleros habitués à être présents : EL CUCO, CANTIPLAS, ALMENDRO, BLANQUET et  FERNANDO, le frère de JOSELITO. Il y a également trois picadors : FARNESIO, CARMILES et CAMERO. Enfin l'habituel mozo de espadas , PACO BOTAS.

A 16h00, les cuadrillas sont prettes, et JOSELITO vient d'ajuster son costume grenat et or, agrémenté d'une corbata et d'une ceinture bleue. JOSE part dans la voiture automobile avec son companero et rival du jour SANCHEZ MEJIAS, tandis que les cuadrillas font le traget en voiture à chevaux!

La couse est annoncée facile, l'élevage du jour est une ganaderia locale située au lieu-dit : PRADO EL ARCA à la sortie de TALAVERA. Elle appartient à la veuve de VICENTE ORTEGA. Cette ganaderia créee en 1908 a été fondée avec des exemplaires de AMADOR GARCIA et de VERAGUA. Il y a du sang SANTA COLOMA également! Les toros de la course sont tous agés de cinq ans. Ils porteront sur la cuisse le O majuscule qui est la devise de la ganaderia et les couleurs bleux et blanches.

On a dit que le toro "BAILADOR" ne devait pas faire partie du sorteo, mais des personnes démentent cette rumeur, qui au fond n'a pas une grande importance! Le fait est qu'au final, BAILADOR a fait partie du lot.

A 16h30, DON JOSE GONZALEZ RIVERA, Maire de TALAVERA et Président de la course, sort le mouchoir blanc qui autorise le paseo. L'ambiance est à la fête, les arènes affichent "noy hay billetes" et le doux soleil du mois de mai est enfin revenu. Les cuadrillas se sont avancées à la présidence pour saluer . Nous verrons que la course qui devait être bonita, s'est montrée bien plus dure que prévu, le premier toro de la course va échoir à JOSELITO.

Le premier toro se nomme MANIGERO, il porte le numéro 4. C'est un corni-corto, en francais, "cornes courtes", ce que n'aime pas du tout JOSELITO, qui prétend, sans doute avec raison, que les toros à cornes courtes sont plus précis dans leur coup de tête, et peuvent plus facilement atteindre avec leurs cornes. MANIGERO reçoit quatres piques et fait passer trois chevaux de vie à trépas. Il est acceuillit par JOSELITO, avec des véroniques, des largas et des farolles. Le tercio de banderilles est prudamment effectué par la cuadrilla. GALLITO donne un court travail de muleta. A l'époque ce n'était pas honteux pour un matador, d'écourter la faena des muletas, qui à l'origine ne servait qu'à préparer le toro pour l'estocade.   Jos donne un pinchazo puis une estocade entière, conclue par un coup de descabello. La musique a quand même raisonné. Le public a applaudi chaleureusement le diestro.

Le deuxième cornipède se nomme BATANERO,il est négro bragado et porte le numéro 8 . Ce dangereux toro ne plait pas à MEJIAS qui l'expédie assez rapidement content d'être sortie de cette mauvaise affaire.

Le troisième toro se nomme CUQUILLO, il est négro bragado et porte le numéro 13. Il tue 7 chevaux. Mais JOSELITO se donne. Il le torée à genoux, et effectue une faena bien sentie! Il conclu le travail par une demi estocade qui sera peut être un peu longue, ou dumoins pas assez efficace, puisque le travail de José, sera récompensé par une simple vuelta. Il est vrai qu'à l'époque les oreilles tombaient peut être moins facilement qu'aujourd'hui.

Vient ensuite le toro COMISARIO, portant le numéro 14 et également negro bragado, le ventre blanc de ces trois toros venant peut être de leur origine SANTA COLOMA.  Ce toro, qui a quand même tué quatre chevaux et renversé le picador comme quelques uns des toros précédents, offre néanmoins plus de possibilités. SANCHEZ MEJIAS et JOSELITO partage le tercio des pallos. GALLITO plante une paire de PODER à PODER, tandis que MEJIAS peut s'adonner à son style tremendo en citant le toro de l'estribo. La faena pimentée de IGNACIO et son estocade foudroyante lui vaudront une ovation.

C'est enfin le tour du cinquième toro de la course. Il se nomme BAILADOR, le danseur. Il est corni-corto, négro et petit. On ne connait pas son poid réel, mais on sait que son poid canal, est de 260 kgs. Ce qui laisse apparaitre un petit gabari. On sait que son père CANASTILLO vient de la lignée SANTA COLOMA. Lorsqu'il entre en piste , il a toutes les caractéristiques du toro manso, il fuit les capes, se blottit dans un coin, puis démarre en trombe, d'un coup, sans avertir, ni être sollicité. José demande à son frère Fernando, dont il sait que les moyens physiques sont limités, de ne pas intervenir sur ce toro et de rester dans la contre-piste.  Il prévient les péones que le premier qui se fera attrapper, se fera encorner jusqu'à la racine. BAILADOR, tue quatre chevaux, et prends 4à 8 piques selon les versions. GALLITO fait comprendre au critique taurin GREGORIO CORROCHANO, qui est d'ailleurs le seul critique présent, que ce toro ne lui plait pas. Les banderilleros posent leurs pallos à la sauvette, car BAILADOR dans ses accélérations brusques ne leur permet pas d'être efficace et manque de les mettre en difficulté. La faena commence, JOSELITO ne veut voir aucun péon en piste, il demande à l'un d'entre eux de rester discret car le toro se distrait facilement. BAILADOR, s'est réfugié prés des barrières, à coté d'un cheval mort, Jose pense qu'il est congestionné à cause des piques. Alors la muleta dans la main gauche, il tente de le citer, tout en reculant pour le sortir de sa querencia. Mais ce n'est pas facile, BAILADOR ne bouge pas beaucoup, il tente à nouveau, puis recule et en profite pour ajuster sa muleta. Il perd donc son adversaire de vue un court instant. Mais le toro, qui est à une certaine distance de JOSELITO, charge pendant ce cour moment. Jose tente de présenter la muleta pour l'esquiver, mais BAILADOR est déja sur lui et l'attrape à l'aine en le soulevant trés haut. JOSELITO, retombe ensuite sur la corne de BAILADOR, qui s'est logée dans son bas ventre. La scène est terrible, ont voit GALLITO empallé tournoyer violemment sur la tète du bicho qui le projette au sol. Les péones n'ont rien pu faire tout est allé trop vite. BAILADOR est écarté et Jose se tord de douleur au sol. Il tente de se lever, il met sa main à son bas ventre, la retire ensanglantée et murmure : "....j'ai l'intestin dehors...."! Tout le monde a sauté en piste, SANCHEZ MEJIAS, le matador CUCHET, ami de JOSELITO, qui  ce jour là, fait office  de sobresaliente et les cuadrillas. EL CUCO et BLANQUET relèvent l'infortuné maestro, qui est à peine conscient. Ils cachent sa blessure sous une cape. Amené à linfirmerie, les médecins FRANCISCO LUQUE et JOSE FERNANDEZ, lui donnent les premiers soins. On lui injecte du cerrum et de l'huile de camfre. Mais c'est la fin. JOSELITO est bleu, il s'étouffe. Dans son délire, il a demandé son médecin personnel, le docteur MASCARELL. Les organisteurs sont partis le chercher. Jose a recut un coup de corne dans le bas ventre qui lui a provoqué la sortie de l'intestin et de la vessie. Le docteur LUQUE signera le certificat médical en aposant la mention, diagnostic "état jugé gravissime!". JOSELITO expire à 19h08. Pendant ce temps MEJIAS inquiet ne sait rien. Sa cuadrilla lui a caché la gravité des événements, le président est au courant, mais sans dire les choses clairement il a proposé à MEJIAS d'annuler la course. Proposition que MEJIAS ignorant la mort de son beau-frère, a refusé. Le dernier toro de la course est une punaise, Ignacio qui vient d'expedier BAILADOR en un pinchazo et une entière, doit se farcir, CARPINTERO. Ce toro au pelage negro zaino, est dangereux, il blesse le picador de MEJIAS et attrappe le maestro durant la faena de muleta. La cojida est sans gravité. MEJIAS l'estoce et se précipite à l'infirmerie où JOSELITO vient d'expirer. Il s'écroule sur le visage bleue de son beau frère et pleure.  Les festivités sont annulées à TALAVERA, la nouvelle se répend comme une trainée de poudre. A MADRID on a dabord apris la blessure de JOSE, puis sa mort. BELMONTE est mise au courant, alors qu'il est dans un café de la capitale, il s'écroule en pleurant son rival et grand ami. RAFAEL le frère de Jose ne voudra jamais voir son frère mort, à cause de la supertition gitane. Le corps de JOSELITO est exposé à l'infirmerie de TALAVERA. Il sera enterré au cimetière SAN FERNANDO de SEVILLE. Il a rejoint PEPETE, ESPARTERO et d'autre toréros tués dans l'arène.D'aprés JOEL BARTOLOTTI à qui je me suis essentiellement référé pour cette publication, le jour de la corrida tragique, JOSELITO chantait cette chanson qui agaçait tout le monde : "Ce 27 mai quel jour fatal, un toro a tué EL ESPARTERO....." Pensait-il être le suivant sur la terrible liste? Peut être! Toujours est il que JOSELITO avait donné à la corrida moderne ces lettres de noblesse. Il avait triomphé une aprés midi à MADRID, en donnant trois naturales à un toro. Toute une époque! Son beau frère IGNACIO SANCHEZ MEJIAS, périra lui aussi dans l'arène en 1934, mais ceci est une autre histoire. Quand à RAFAEL il continuera à enchanter l'Espagne par son élégance hors du commun, mais aussi il continuera à la faire hurler par ses dérobades pitoyables qui tiennent du cirque! Personne n'a jamais songé à lui en vouloir!

aloci dessous la photo de SANCHEZ MEJIAS, veillant la dépouille de JOSELITO à l'infirmerie de TALAVERA DE LA REINA. Photo provenant du site :www.torodoro.de/joselito.com

On peut percevoir le visage bleu de JOSELITO, qui s'étouffait lorsqu'on la installé à l'infirmerie.

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06 août 2006

NIMENO II !...LE MURMURE....QUI NE CESSE DE CROITRE!

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PHOTO DE NIMENO II PROVENANT DE www.portaltaurino.com

Dans le callejon, les visages sont tendus, l'inquiétude grandit, on attend les nouvelles, mais personne ne semble rien savoir de plus, où personne ne le veut vraiment. En un éclair, l'aprés midi a tourné au cauchemar. Dans les gradins, l'on peut percevoir le murmure angoissant qui ne cesse de croitre! Tout avait pourtant trés bien commencé, ce dimanche 10 septembre 1989 à Arles. Dans le patio de caballos, CHRISTIAN MONTCOUQUIOL NIMENO II est là, tendu au fond de lui bien entendu, mais là et content de l'être. Il était comme ça CHRISTIAN, il allait se jouer la vie, avec le sourire et l'alégresse de celui qui sait qu'il fait le plus beau métier du monde! La Féria d'ARLES a trés bien commencé. Hier les EL SIERRO, ont donné un jeu magnifique. Mais pour CHRISTIAN aussi, tout a bien démarré. L'année 1989 fut le saumum d'une escalade difficile vers le sommet. Cette année, NIMENO II a toréé 33 corridas et dans un bon nombre de grandes férias, elles furent triomphales. Pourtant NIMENO II sait! Il sait que cet aprés midi, cela ne va pas être une partie de plaisir, il se souvient le chemin parcouru depuis ce 19 juin 1969 où avec son frère Alain dit EL NIMENO, SIMON CASAS, et CHINITO,il se mesurait aux âpres becceros de Jean-Marie POURQUIER. Il sait que son parcours a été semé d'embuches, mais il a vaincu. Puis il y a eu sa carrière de novillero et la novillada de NIMES en 1975. Ce jour là, il a tenu la dragée haute à ESPLA (le novillero vedette de l'époque). Ah ESPLA! Il est fou ce type, marginal mais c'est un savant, NIMENO II la vue à BEZIERS il y a un mois, dominer un sobrero de ANTONIA JULIA DE MARCA, imbuvable! Cette aprés-midi là, CHRISTIAN n'a pas démérité, il a coupé une oreille à chacun de ses GUARDIOLAS. Les toros étaient bons, surtout le second, SOPLISTA. Quel bon toro celui là, CHRISTIAN l'a applaudi ! Il était invincible et c'est comme çà depuis le début de la saison. Depuis les six toros. Une féria de Nîmes sous le vent, un mano à mano avec VICTOR MENDES et c'est l'ascenceur direction la gloire. VICTOR ne se méfie pas,son premier GUARDIOLA l'attrappe et le blesse au tercio des banderilles. NIMENO le torée et se fait attrapper à son tour! Le toro le charge au sol, il veut le tuer, mais CHRISTIAN se relève, sans blessure, cette année 1989 il est immortel! Il tue le toro fou et les quatres qui restent, c'est un triomphe monumental et cela ne cessera pas jusqu'à cette chaude aprés midi de septembre!Toutes les tardes n'ont pas été aussi façiles. D'abord la blessure de BARCELONA, en 1977, où il a bien cru perdre sa virilité, aprés un sévère coup de corne dans la verge. Puis la cornada de MADRID pour sa confirmation d'alternative, il est resté en piste pour tuer son toro, alors que sa cuisse saignait abondamment.

CI DESSOUS PHOTO DE NIMENO II A NIMES LE JOUR DES SIX TOROS.provenant du site :arenes.nimes.fr/tauromachie.tauromachie.php

nimeno_20II

Ce 10 septembre dans le patio , NIMENO II pense à tout ça , il sait qu'on l'attend et qu'on l'aime. Aussi, il ne va pas falloir décevoir! Devant les MIURAS, on se bat ou on ne vient pas! Dans son costume bleu ciel et or et dans sa cape de paseo tenue dans sa main endolorie par une blessure reçu la veille, le chef de lidia Christian NIMENO sait ce qu'il a à faire: "se donner" et il le fera ! Ses compagnons de cartel, VICTOR MENDES et EL BONI savent aussi que la tarde n'est pas sans danger. De plus les cuadrillas ont vu les toros le matin pour le sorteo, on est loin d'avoir affaire à des locomotives, l'aprés midi sera tendue, mais pour le moment la péna CHICUELO II joue pour amuser le public qui attend l'heure du paseo!

Aux alentours de 16h30, la présidence brandit le mouchoir blanc qui annonce le PASEO. La musique retentit et apparaîssent les trois matadors. MENDES est vétu de grenadine et or et EL BONI de crême et or souligné de noir. Les visages sont tendus même si l'on essaye d'esquisser quelques sourires. Les trois maestros viennent saluer la présidence et c'est Christian NIMENO qui va devoir ouvrir la course.

A la surprise générale, les trois premiers toros de la course s'avèrent communs pour des MIURAS, le premier de NIMENO a même une charge commode et CHRISTIAN lui donne une série de passes de capes engagées. Cependant, le toro lui accroche l'etoffe et lui renvoit au visage, ce qui fait perdre sa montera au maestro français. Le tercio des piques ressemble bien à un tercio MIURA. NIMENO dont on s'attendait à ce qu'il partage son tercio avec MENDES, ne prend pas les banderilles. Est-ce parce qu'il ne sent pas le toro ou à cause de cette blessure à la main ? On ne sait pas! Sa faena alegra et bien ficelée porte sur le public qui l'ovationnera aprés la mort du toro.

Vient ensuite le toro de VICTOR MENDES qui, il faut bien le dire, est en pleine forme cet aprés midi. L'enfant chéri de public français ne décevra pas les spectacteurs, il a l'alégria et le dominio qu'on lui connait.Il signera une jolie faena aprés avoir excécuté un tercio de banderilles de tout premier plan.

Le troisième toro sort pour EL BONI. Ce charmant jeune homme blond qui était passé inaperçu en tant que novillero, séduit l'aficion, depuis peu dans les corridas dures. Il n'a pas convaincu à BEZIERS pour les GUARDIOLAS,mais là, il faut dire qu'il a envi et que son style n'est pas déplaisant. Il est vrai que son toro est vraiment coopératif pour un MIURA, et BONI lui donne une estocade magistrale.

Les toros font oublier que nous sommes dans une MIURADA. De plus, les critiques sont intrigués de voir les toro porter la marque du fer sur la cuisse droite. D'ordinaire, ils la portent plus au centre et en hauteur. Toujours le mystère MIURA!

Enfin, vient PANOLERO un toro gris portant le numéro 26 et pesant 540 kgs. Ses cornes sont impressionantes, "on dirait un taxi avec les portières ouvertes" commente ALAIN MONTCOUQIOL, le frère de NIMENO. Ce toro mesure 1m05 d'une corne à l'autre. CHRISTIAN remarque que PANOLERO ne charge pas avec une franchise satisfaisante, la tète est souvent haute lorsqu'il entre dans la cape.Christian, de ce fait, l'acceuille à la cape par des véroniques en reculant, comme on le fait lorsque l'on veut forcer un toro rétif à baisser la tète. Cet élément apporte une contradiction avec ceux, qui ont dit que le toro ne semblait pas être avisé au moment de l'accident.  Aprés un tercio des piques quelque peu dynamique, NIMENO conscent à banderiller  PANOLERO et le fait trés bien. Vient le troisième tercio, NIMENO brinde le toro au public, puis recoit PANOLERO prés des planches assis sur l'estribo. Le toro passe et NIMENO baisse bien la main pour le mettre en confiance, il se redresse à la troisième passe et c'est l'accident!

Photo de panolero, provenant d'un blog privé sur la tauromachie, blog affiché sur les pages googles NIMENO 3.panolero

Beaucoup de choses ont été dites sur cette accident. Aprés lecture des faits et aprés avoir visionné les images je vous ferai donc part de ce que j'en ai vue :

A la troisième passe, NIMENO qui vient de faire une trinchera par le haut sur la corne droite de PANOLERO, essaye de le recevoir par une derechazo tout en marchant vers le centre de la piste. Arrivé à la hauteur de NIMENO, PANOLERO s'arrête dans la passe, regarde en sa direction et accroche NIMENO au bas ventre. La violence du coup est telle, que NIMENO bascule sur la corne et tombe tète première sans même avoir laché la muleta. PANOLERO se retourne sèchement sur NIMENO, plié en deux au sol, et le cherche du museau. Les peones écartent PANOLERO. CHRISTIAN est sur le flanc, il ne bouge plus. Les banderilleros et employés des arènes viennent au secours de CHRISTIAN. Les journaux montreront la terrible photo de CHRISTIAN, le regard vague et inanimé, emporté à l'infirmerie. Personne ne se doute que CHRISTIAN est un paralityque à ce moment précis, car sans doute les porteurs auraient pris soin de le soulever avec délicatesse. Mais dans la panique on tire NIMENO par les épaules, on le soulève et on l'emporte. CHRISTIAN n'est déja qu'un pantin désarticulé. PANOLERO ne lui a laissé aucune chance et les images de l'accident montrent qu'avant d'entrer dans la muleta, il a jetté un regard en direction du matador, il était MIURA jusqu'au bout des cornes, et quelles cornes!

Alain MONTCOUQUIOL qui a vu la scène, suit son frère à l'infirmerie, pendant ce temps, MENDES ,qui ne cessera d'interroger le callejon du regard, toute l'aprés midi, tue PANOLERO! Pas question de briller sur le compte de CHRISTIAN. Mais finalement, où la corne est-elle rentrée?

Nulle part, les porteurs posent NIMENO sur la table d'opération. Son visage est bleu, il est entrain de s'étouffer. Les péones et ALAIN cherchent du regard le coup de cornes, pendant que les medecins déchirent le costume de CHRISTIAN à coup de scalpel. Les médecins ne cherchent pas la perforation, ils ont compris que CHRISTIAN avait probablement les vertebres brisées et luttent contre le temps! Car si l'on ne l'intube pas au plus vite, NIMENO va mourrir. Il ne peut plus bouger aucun membres et ne peut plus respirer. Une fois intubé, un hélycoptère vient le chercher pour le mener à l'hôpital LA TIMONE à MARSEILLE.

Pendant ce temps, les murmures interrogateurs, deviennent de plus en plus angoissants dans les arènes d'ARLES. MENDES a été trés bon avec son second qui chargeait mal, mais il pense à NIMENO, et il voit l'inquietude des mieux renseignés dans la contrepiste. Ensuite EL BONI ne pourra rien faire du dernier.

La corrida terminée, les spectateurs apprendront la terrible nouvelle: "LE MATADOR NIMENO II A ETE TRANSPORTE A L'HOPITAL LA TIMONE SON ETAT EST GRAVE IL EST PARALYSE DES QUATRE MEMBRES ET DEMEURE SOUS ASSISTANCE RESPIRATOIRE".

Le soir , le professeur qui s'occupe de lui à la TIMONE, argumentera  son diagnostic en expliquant que NIMENO II est dans un état grave et préoccupant et que l'on ne peut pas dire s'il passera la nuit.

Christian sera opéré quelques jours plus tard, il sera hors de danger. Mais paralysé et peut être à vie.

EPILOGUE :

Dans les mois qui suivent, en rééducation, NIMENO fera des progrés considérables. Il retrouvera l'usage des ses jambes et du bras droit. Mais deux ans passent et le bras gauche n'est toujours pas revenu. Dans sa maison de CAVEIRAC, NIMENO déprime. Il annonce en mai 1991 qu'il tire un trait sur sa carrière, il dit penser à apodérer des jeunes toreros. Mais le coeur n'y est pas! En octobre il a reçu le prix CLAUDE POPELIN. Le 25 novembre un jour gris, surtout pas un jour de toros,on le retrouve pendu dans son garage. CHRISTIAN est partie, il a préféré mourrir, plutot que d'attendre. L'aficion est sous le choc! On ne veut pas y croire. 13 mois auparavant JULIO ROBLES connaissait la même blessure à BEZIERS. NIMENO a rencontré ROBLES, mais CHRISTIAN ne peut pas se faire à cette vie sans toros, il est partie rejoindre ses maîtres. PAQUIRRI qui lui a porté secours à ARLES en 1977, alors qu'un toro l'accrochait. Il rejoint PAQUIRRI dont il a dit "il ne serait pas mort si il avait été blessé à NIMES ou MADRID...." Et pourtant NIMENO a été blessé à ARLES et il en est mort! AH DESTINO!Le journaliste  JEAN LOUIS LOPEZ dira :"Il est mort deux fois!". Comme BELMONTE il a choisi sa mort pour ne pas rater sa vie de matador. A ses obsèques, étaient présents les plus grands, RUIZ MIGUEL,OJEDA, ESPLA, les amis de toujours CHINITO,DOMINIQUE VACHE, JEAN MARIE BOURRET etc. Sur son cerceuil un cape de paseo noir et or, ADIOS MAESTRO!

ci dessous photo de la statue de NIMENO II sur la place devant les arêne de NIMES.

                                                

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03 août 2006

EL YIYO OU UN DESTIN FUNESTE

 

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PHOTO DE YIYO EN TRIOMPHE SITE :WWW.TORO2000.COM

Il était jeune, beau, avait le sitio, la maestria et allait devenir le numero 1. De plus, il était de Madrid, juste au moment où ANTONETE se cherchait un fils spirituel. Jose Cubero Sanchez dit EL YIYO, c'est un destin digne d'une tragédie antique, quand la vie passe de la gloire à la tragédie ! El Yiyo  fait partie de ces hommes qui mourrurent jeunes, comme pour entrer, sans plus tarder dans la légende.

Jose est né le 14 avril 1964 à BORDEAUX (FRANCE), au consulat espagnol où son père était employé. C'est trés jeune, que le chico va revenir en Espagne. A douze ans, il entre à l'école taurine de MADRID, fondée deux ans auparavant. Ses frères Juan et Miguel essaieront aussi d'être matadors, mais deviendront sulbaternes. Juan notamment, sera le péon de confiance d'un autre poulain de l'école Taurine de Madrid, Jose Arroyo "Joselito". En 1978, Yiyo débute dans les novilladas sans picadors, aux cotés de Lucio Sandin et Jullian Maestro, issus comme lui de l'école Madrilène. Les trois jeunes diestros sont surnommés : "les petits princes de la tauromachie". Mais une fois novillero avec picardors, c'est Yiyo qui se démarque le plus et devient un novillero "puntero"(vedette).

Le 30 juin 1981, Jose, prend l'alternative à Burgos, des mains de Angel Teruel et en présence de Jose Maria "Manzanares", façe à du bétail de Buendia Pena. Dés lors, la carrière d'El Yiyo ne cesse d'accroitre, en Espagne d'abord, puis en Amérique du Sud, où il fait une tournée triomphale. L'année 1982 prolonge et installe Yiyo dans les ruedos, celle de 1983 est meilleure encore. Dans les Arènes Las Ventas (Madrid) il sort par la grande porte, après avoir coupé deux oreilles à "Triunfador" de Bernadido Gimenez et une oreille à un Alonso Moreno,nommé "Cigarron".  Malgré une temporada 1983 remarquable, El Yiyo est absent de Madrid durant la temporada 1984 et certaines grandes Feria. On le voit magré tout à Béziers, jour où Victor Mendes est blessé au coude par un toro de Sepulveda. 

EL CARTEL MALDITO.

Vient le 26 septembre 1984 et la tragique corrida de POSOBLANCO.Ce jour terrible, Francisco Riviera PAQUIRRI est blessé par le toro Avispado del la ganaderia Salayero y Bandrés et trouve la mort dans l'ambulance qui le conduit à l'hôpital de Cordoue. Jose, deuxième du cartel, est chargé de toréer et tuer le toro fatidique. Il coupe deux oreilles, dont une trempée du sang de Paquirri. Onze mois plus tard après une très bonne année 1985, YIYO aura rendez vous avec son destin.

L'année terribe. 

Pourtant l'année 1985, démarre fort bien, malgré le deuil qui attriste l'aficion, après la tragique mort de Paquirri. El Yiyo en cette année 1985, a le vent en poupe. Il est dans toutes les grandes férias et triomphe. Le 30 mai, pour ce qui sera sa dernière corrida à Madrid, il est au cartel de la prestigieuse corrida de la Bénéficienca, (traditionelle corrida de bienfaisance, organisée en présence du Roi Juan Carlos). Cette corrida de luxe est toujours évènement, y sont programmés des toreros vedettes, dans des cartels spectaculaires et prétudement historiques. On n'oublira pas celle de 1946, avec Gitanillo de Triana, Manolete et Pepe Luis Vazquez, où un certain Luis Miguel Dominguin, étoile montante et polémiste, clamant partout dans la presse, que Manolete le boycottait, avait chèrement payé le programateur des arènes,  pour être ajouté au cartel. Ainsi la corrida était passée de 6 à 8 toros. Dominguin, qui était dans la patio de caballo avait eu une conversation épique avec Franco qui lui avait dit "Luis Miguel, lequel de tes frères est communiste ?- Dominguin répondant "Excellence, nous le sommes tous !". Franco avait pris cela pour une plaisanterie, ou du mois l'avait-il feint, mais ne pouvait se permettre de faire assassiner, un torero aussi "people" pour reprendre une expression actuelle que Dominguin. Dominguin était un insolent, au moment de lui brinder son premier toro ( ce qui est la tradition lors de cette corrida), il  avait dit au Gaudillo" A vous qui êtes la première muleta d'Espagne.". Dans l'histoire de la tauromachie les corridas de la bénéficienca, furent toujours des corridas évènemens.  Plus tard en 1993 elle sera la théâtre d'un seul contre six mythique de Joselito, où celui d'un mano à mano épique, entre Rincon et Ortega Cano en 1991. C'est une corrida est télévisée en direct et elle fait sensation.

En cette année 1985, Yiyo est en mano à mano avec le fantasque Luis Francisco Espla. Vétu d'un costume grenat et noir, Jose signera une faena d'anthologie, face à "Ninito" de la Ganaderia Aldanueva.

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EL YIYO A L'OEUVRE PHOTO PROVENANT DU SITE : www.vidaribatejana.com

Le 30 août 1985, les arènes de COLMENAR VIEJO sont pleines, le cartel est alléchant. Antonete, Jose Luis Palomar très en vue à l'époque et El Yiyo qui est venu en remplacement de Curro Romero, blessé à Linares (autre ville funeste dans l'Histoire taurine). Les toros du jours sont de Marcos Nunez. YIYO est en terrain conquis, puisque nous sommes dans la région de Madrid, il est venu, vétu de bleu marine et or, avec sa cuadrilla, qui a été un peu remaniée. Son premier banderillero est son frère Juan, remplacant le frère de Damaso Gonzalez,le deuxième péon est Antonio Saguar El Pali, peon madrilène, banderillero dynastique, cadet d'une grande famille de péones nommés les "Pirri", et enfin le puntillero de la cuadrilla est Pablo Cordoba.  Aprés une tarde intéressante, Jose s'appréte à recevoir le dernier toro de l'aprés midi.

Les clarines sonnent, la porte du toril est ouverte. Apparait Burlero, un petit toro, negro y blanco bragado, aux cornes gachitas. Il a un joli petit galop et semble réfléchir .Chargeant avec la tète agréablement basse, Yiyo le reçoit à la cape et donne, au tercio des piques, un excellent quite par chicuelinas. Le tercio des banderilles rondement mené, les clarines sonnent pour la derniere fois de l'aprés midi, annonçant le dernier tercio. Le maestro est en forme, il donne à Burlero une faena féérique, débutant genoux à terre, puis  alignant des passes amples et templées! Jose se croise, il n'a pas peur, il a le toro dans sa poche et le public avec. La musique joue soutenue par les olés du public. Les naturelles sont de toute beauté, toute le classisisme madrilène ressort de cette faena. Enfin, il faut tuer. Le maestro est allé chercher son épée de mort. La musique ne cesse que lorsque EL YIYO replit sa muleta pour se préparer à donner l'estocade. Il ajuste sa lame, se positionne et pinche une première fois. Le public est déçu, mais les oreilles ne sont pas perdues, Jose n'a pas laché l'épée. Il a le dos aux planches, ce sera une sortie contraire, mais Burlero baisse bien la tête. On entend la rumeur du public qui vient d'assister à une faena sublime et dont il espère qu'elle se terminera par une bonne estocade. Le matador se profile et se jète sur l'animal. Il se mouille les doigts car l'estocade est entière. Le torero se dégage du toro, les péones fonçent, le public applaudit, il voit deja le jeune torero, les deux oreilles à la main. Mais Burlero, qui a laissé au jeune matador juste le temps de se dégager, se retourne sans regarder les banderilleros et se rue sur le matador. Yiyo, qui présente sa muleta par réflexe, pour dévier sa charge, ne s'attendait pas à un tel retournement. La bète va droit au but et attrape José à la jambe et l'envoi au sol . C'est la panique, El Yiyo roule pour tenter de se dégager du toro, les banderilleros mettent  leur capes en travers pour dévier le fauve de sa proie, mais rien n'y fait, il ne voit qu'El Yiyo, et fonce à nouveau. Déchainé par la douleur mortelle de l'estocade, le toro remprend Jose au sol, en lui plantant sa corne sous l'aisselle. Le diestro suspendu retombe droit sur ses jambes et se dégage du toro. Le diestro est gravement blessé, car la corne de Burlero s'est logée vers sa poitrine. Il  cour en direction de la barrière, soutenue par El Pali

Arrivé aux barrières, EL YIYO se retourne vers PALI et lui dit d'un soupir : " Me ha matado"," il ma tué!" A ces mots, il s'écroule dans les bras du banderillero horrifié. Jose Luis Palomar qui a sauté en piste pour porter secours,le soulève, il est inanimé. On le porte dans la contrepiste, jusqu'à l'infirmerie. Les spectateurs se lèvent sans comprendre, pourtant certains se retournent pour ne pas voir le visage cadavérique, que les yeux grands ouverts du jeune maestro, expriment cruellement. Qui se doute à ce moment là, que Jose Cubero El Yiyo vient de trépasser. Pendant quedans le callejon, on le conduit vers l'infirmerie, Juan son frère cour dans la piste, pour suivre le convoit. Il ne quitte pas son frère des yeux. Ortega Cano venu en spectateur, aide à porter l'infortuné maestro. On  murmure, on commente, "la corne a touché la cuisse", "mais non il est juste sonné"..  Arrivé à l'infirmerie,seul El Pali, a le droit de rentrer.  Le médecin n'a plus qu'à constater le décés. JOSE CUBERO SANCHEZ EL YIYO a réçu la corne en plein coeur et s'est éteint d'un coup. Il est retombé sur ses pieds, droit comme un soldat digne, qui se reléve terrassé par l'adversaire, dans le champs d'honneur du ruedo. Quand la nouvelle tombe, l'horreur et l'abbatement s'expriment sur les visages. Antonete, qui vient d'apprendre le drame, s'agenoue dans la contrepiste, jéte  piétine sa cape,et pleure son fils spirituel.

Et puis la presse, avec son lot de voyeurisme. On filme les picadors taper du poing, se mettre le visage dans les mains. Le père d'El Yiyo pleurer toutes les larmes de son corps. Le lendemain on interwiew Pablo Cordoba en larme qui parle d'un "toro asesino".

"On a essayé de détourner le toro avec nos capes, mais rien n'y a fait... un toro de rate jamais sa cible... son sang criait vengeance... j'ai mis ma main sur son coeur et quand j'ai vu ses yeux, j'ai compris qu'il était mort, alors j'ai dis, "il me la tué", cet assassin me la tué..."dit il en s'effrondant en larmes.

 

El Pali qui suivait El Yiyo à la barrière, juste après a cornada, est plus sobre et donne tout l'ampleur du drame :

Le journaliste : Quels ont été les derniers mots du Yiyo pour toi?

El Pali : Rien, il ma regardé et ma dit "Il ma tué" et il était mort.

Le journaliste : C'est tout ?

El Pali : Son bras ma serré, puis ma laché. Pas plus.

Le journaliste: Pas plus?

El Pali : (La Voix sanglotante).Non.C'est tout, ces mots "me ha matado", simplement.

Le lendemain on expose la dépouille du YIYO, vêtue de son costume grenat et noir (celui de la bénéficienca). Cela devient du spectacle et un tableau indécent. On filme l'arrivée de sa dépouille dans l'appartement de ses parents, au  deuxième étagle d'un immeuble de Canilleras (Madrid). Les télévisions, sans pudeur, filment les pleurs de la mère, du père, de la grand mère et deux frères d'El Yiyo, les lamentations des voisins... Bref plus rien qui ne ressemble à EL YIYO.

Il est inhumé deux jours aprés, on a ouvert son cerceuil pour que la foule puisse le voir une dernière fois. Enfin on lui a fait faire le tour des ARENES DE LAS VENTAS A MADRID, une dernière fois. Paquirri n'est plus là pour le pleurer. Une certaine malédiction reignera sur les trois petits princes de la tauromachie, Julian MAESTRO ne réussira pas, SANDIN perdra un oeil dans une novillada à SEVILLE, puis une fois matador, il subiera un grave accident d'automobile , qui l'éloignera définitivement des ruedos. Son frère Juan devra compléter la cuadrilla de Joselito, car en mai 1988 à Madrid, son péon El Campeno, mourra égorgé par un toro lors de la confirmation d'Alternative d'El Fundi. "Destino Maldito."

yiyoYIYO SUR SON LIT DE MORT. Photo provenant du site : www.elpais.es

les terribles images de la corrida de COLMENAR VIEJO sont disponibles sur www.youtube.com

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21 juillet 2006

LA DERNIERE TARDE DE MANOLETE

dj13_manolete

PHOTO de canito dans cheesebase.com l'on appercoit la voltereta de MANOLETE et la douleur qui se lit sur son visage, l'orsqu'on le transporte.

Ce 27 août dans la nuit, alors que tout le monde dort, c'est Manolo qui a pris le volant, il confit à un ami journaliste qu'il compte bien épouser Lupe, malgré le désaccord de sa mère. Manolete entretient depuis deux ans, une relation avec Lupe SINO, cette actrice divorcée d'un ancien républicain. Pour le régime franquiste, LUPE SINO, de son vrai nom ANTONIA BRONCHALO DE LOPESINO, est la partie malseine de MANOLETE. Déja mariée, sulfureuse, l'ESPAGNE rigoriste de FRANCO ne l'accepte pas, ni la possessive mère de MANOLETE, qui l'appelle "LA PUTA DE MADRID". Mais Manolo est bien décidé à l'épouser. Ce 27 août, sa voiture se gare près de l'hôtel où toute la cuadrilla et le maestro vont dormir. Nous sommes à LINARES,  cette ville minière de Haute Andalousie, bien connue par MANOLETE qui a déjà triomphé ici. L'an passé, MANOLETE a même renversé une petite fille sur le bord de la route avec sa voiture (la petite s'en est bien tirée). Cette année c'est PEDRO BALANA qui vient d'hériter de la direction des arènes, il veut frapper fort et compte bien faire parler de la corrida avec MANOLETE. ISLERO et LUIS MIGUEL DOMINGUIN n'étaient absolument pas prévus à cette corrida. Programmer MANOLETE face aux MIURAS et aux côtés de DOMINGUIN qui se considère comme son grand rival ,cela va créer l'événement. En effet !

Le 28 au matin, MANOLETE croise DOMINGUIN et lui dit " Ceux qui me sifflent aujourd'hui, ils te siffleront demain!". A quoi pense MANOLETE? A tout, à GRANERO , qu'il a vu se faire tuer en 1922 à MADRID d'un coup de corne dans l'oeil, à son père qui toréait lui aussi sous le nom de MANOLETE, et qui est mort d'une maladie pulmonaire,à PEPETE,son oncle, qui est mort tué par un MIURA au siècle dernier, à ce succès qu' il a eu depuis ses débuts, à ce public qui se détourne de lui, à Cordoue sa ville natale qui le boude, au MEXIQUE où il est si bien et où il épousera LUPE, aux pentes de rire qu'il prend avec ARRUZZA, à cette bande de détracteurs haineux qui l'ont insulté lui et ses soeurs, à SAN SEBASTIAN où il a toréé des toros grands et gros à la demande de CAMARA son apoderado, qui voulait couper court aux rumeurs, à ce critique "Clarito" qui a écrit que MANUEL avait perdu sa majesté en piste, sans doute due à sa tuberculose, ou à la drogue (il pense aux wiskys dont il a besoin pour tenir), à octrobre si loin mais enfin il va pouvoir s'arrêter et surtout à ce rêve, "esto puna de sueno" où il voit un toro le tuer!

Le matin, un employé des arènes s'est fait tuer par un toro de la corrida du lendemain, certains toros sont refusés dans le lot proposé par MIURA, alors on en prend d'autres proposés par le ganadero. ISLERO devait être toréé dans une autre plaza. MANOLETE se repose, à 14h il s'habille , le photographe CANITO, apprenti toreo et ami de MANOLETE, est venu à LINARES, payé par DOMINGUIN, pour les photos, il s'approche de la chambre d'hôtel de MANOLO, et l'entend crier " J'en ai marre!". Il tape à la porte qui est entrouverte, MANUEL, l'apperçoit et le prie d'entrer : " Pasa pasa,CANITO!". L'échange est courtois comme à son habitude , Manolete encore en tenue de bain s'apprête à déguster son oeuf au plat. CANITO s'en va et c'est au tour du valet d'épée de DOMINGUIN de venir. L'homme très embêté a oublié la barette qui sert à tenir la coleta de son maestro, Manolete lui en donne une en murmurant à ses proches : " Comme ca, il aura quelque chose d'un torero". Entre DOMINGUIN et MANOLETE, les rapports sont tendus, DOMINIGUIN aime la polémique, c'est ainsi qu'il se veut à la hauteur de MANOLETE. L'année d'avant, il a prétendu devant la presse que MANOLETE et son apoderado le boycotaient!Il veut se faire un nom aussi populaire que MANUEL et n'hésite pas à s'imposer à ses cotés par tous les moyens! Il n'a pas hésité à payer l'empressa de MADRID, pour être programmé au poste de 4 ème torero, à la corrida de la bénéficienca où était prévu MANOLO. Enfin MANOLETE est prêt pour aller à la plaza, son costume rose saumon et or est ajusté. MANOLETE a pris soin de faire une prière et de bien gominer ses cheveux à la brillantine: il a l'air d'un héros de CERVANTES. Le MATADOR à la triste figure part pour la plaza.

17H00, aux arènes de LINARES, les trois matadors de la course sont prêts à faire le paseo, le chef de lidia, GITANILLO DE TRIANA, témoin d'alternative de MANOLETE, est vêtu d'un costume rouge foncé et or, et enfin DOMINGUIN qui lui est en vert et or. Le paseo démarre, les trois maestros s'avancent jusqu' à la présidence, des sifflets en direction de MANOLETE fusent, un groupe de perturbateurs cordouans sont venus exprès, distribuant des sifflets à l'entrée des arènes. Le premier toro de la course ne donne rien de bon et GITANILLO DE TRIANA l'expédie vite fait bien fait. MANOLETE ne peut rien faire de son premier, il le tue d'un bajonazo que l'on ne manque pas de lui reprocher. DOMINGUIN, volontaire, fait de l'animation avec son premier toro. Vient ensuite le toro de GITANILLO qui bouscule le banderillero EL BONI, au tercio des banderilles et même GITANILLO glisse devant le toro à la faena des muletas, il se relève et peste : "Mais qu'est-ce qu'elle a cette piste de Linares?!"

C'est au tour d'ISLERO, un petit MIURA aux cornes en avant qui  n'a pas l'air d'aimer le centre de la piste et qui a une charge très incertaine. MANOLETE confiant à la cape peut percevoir que le toro serre de très près. Le tercio des piques est abrégé par le président.MANOLETE qui d'ordinaire demande lui même à l'abréger, ne comprend pas! La décision du président lui déplait,ISLERO a peut être une moitié de charge, mais c'est du vice pas de la faiblesse, il pourrait se réveiller. Les sifflets perturbateurs n'ont toujours pas cessé, qu'à cela ne tienne, ils veulent du spectacle, MANUEL va leur en donner pour leur argent! La faena de MANOLO est magistrale, il rallonge la charge d'ISLERO en se laissant froler dangereusement, le public est médusé et tendu. MANOLETE prend des risques, les naturelles sont dangeureuses. Il conclu par des MANOLETINAS suicidaires où le toro vient, à chaque fois, lui renifler les chevilles. Enfin, tourné vers ce public railleur qui ne dit plus rien,il prend dans sa main la corne qui lui sera fatale. Il faut tuer ISLERO, une bonne estocade et MANUEL repart avec la queue! MANUEL s'éloigne, ajuste son épée, se profile, recule d'un pas et se jette sur ISLERO, auquel il enfonce une estocade centimètre par centimètre, jusqu'à la garde. Mais, au moment où ISLERO a sentit l'épée rentrer dans son corps, il s'est raidi et a pris MANOLETE à l'aine, le public voit l'épée rentrer dans ISLERO et en même temps la corne du toro rentrer dans l'aine de MANOLETE, le toro se soulève, projette MANOLETE qui pivote sur la corne, et retombe au sol, sous les pattes d'ISLERO! Ensuite tout va très vite, les péones, DOMINGUIN, GITANILLO, écartent le toro de MANOLETE qui est au sol et qui se protége le visage. Le toro écarté, va mourrir plus loin, on retourne MANOLETE ,qui essaye de se relever en grimaçant, et s'écroule dans les bras des péones et de DOMINGUIN. Toute la plaza voie le jet de sang saccadé, s'écouler de la cuisse de MANUEL. Dans la panique les porteurs se trompent de direction et lui font faire le tour de la Plaza , pour l'amener à l'infirmerie. Ils vont si vite que MANOLETE, agressé par la douleur leur dit "MOINS VITE PAR PITIE!". On le met sur la table de l'infirmerie, où il n' y a qu'un seau. MANOLETE demande s'il a eu l'oreille, ALVARO DOMECQ présent vient lui porter les deux oreilles et la queue que lui a accordé la présidence. On transfère MANOLETE sur une civière à pied des arènes à l'hôpital, la procession dure une demi heure dans LINARES en fête. Pendant ce temps, DOMINGUIN triomphe de son dernier toro avec une arrogance qu'on lui connait. On fait des transfusions à MANOLETE, mais la tension chute inexorablement! La corne s'est logée dans le triangle de scarpa et a arraché l'artère fémorale et la veine saphène. LUPE a été prévenu, elle arrive de Madrid, la mère de MANOLETE, est véhiculée de Cordoue, elle a appris la blessure assez tard, elle comprend que c'est grave quand elle voit la voiture bifurquer vers LINARES. On a bandé les extrémités de MANOLETE, il est ligoté comme une momie, dans la nuit vers 4h du matin il se pleint de ne plus sentir sa jambe, et de ne plus y voir alors qu'il a les yeux grands ouverts! A cinq heure du matin, d'un simple soupir, il s'endort pour toujours, le monde de la tauromachie vient de perdre une de ses plus belles icones. On empêche LUPE de rentrer dans la chambre, il sera enterré le lendemain à CORDOUE, une immense procession suivra le cortège. MANOLETE sera déclaré quatrième CALIFE DE CORDOUE.

EPILOGUE

LUPE épousera un acteur appelé MANUEL RODRIGUEZ, comme MANOLETE! Elle meurt, vieille à Madrid, d'une attaque, un jour de corrida.

CARLOZ ARRUZA refusera désormais de toréer avec LUIS MIGUEL DOMINGUIN, lui reprochant d'être l'assassin indirect de celui qu'il appelait "mon frère MANOLETE"!

Dans les jours qui suivent la mort de MANOLETE, la cuadrilla de DOMINGUIN, aura un accident de voiture, il se fera blesser peu après, un banderillero portuguais mourra de la même façon que lui et en prononçant les mêmes mots que lui:" je n'y vois plus, je ne sens plus ma jambes et je meurs comme lui!"

LA FUERZA DE SINO

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19 juillet 2006

VISITER

AFIN DE NE PAS MELANGER LES STYLES ET DE PERMETTRE AUX VISITEURS DE SE RETROUVER EL TEZIERIN A OUVERT UN AUTRE BLOG UNIQUEMENT CONSACRE AUX PARODIES ET A LACTUALITE! POUR LE MOMENT PAS DE PARODIES NE FIGURENT! SAUF L'INTITULE VOUS POUVEZ ALLER LE VISITER . A BIENTOT

mon blog se nomme : POLITICVITRIOL.CANALBLOG.COM

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17 juillet 2006

CORRIDA DU REJON D'OR 2006 UN FIASCO OU LES SABOTS QUI TOMBENT

26_7_2005_Spain

demonstration d'ALVARO MONTES en Espagne, la photo provient du site : www.dailytimes.com

Le REJON D'OR 2006 "est déclaré desierto!" Voila l'annonce faite à la fin de la traditionnelle corrida du REJON D'OR, qui s'est déroulé hier dans les arènes de MEJANNES sur la propriété de PAUL RICARD. Et pour cause, le spectacle qui venait de s'offrir aux spectateurs était désolant! Cela commence par un changement de ganaderia dont on ne connait pas la cause. En effet, à notre grande surprise les CHARRO DE LLEN, initialement prévus sont remplacés par la ganaderia CLEMARES DE PEREZ TABERNERO, originaire de Salamanca, sans doute les cousins de la ganaderia combattue aux Saintes-Marie de la MER. Le lot de toros que l'on verra défiler est bizarre de présentation, les toros sont distraidos, viciosos même. Soit ils ne chargent pas, soit ils démarrent en fusée sans que rien, ni personne ne puisse les arreter. Ils sont purement et simplement impraticables  pour les trois volontaires, mais infortunés rejoneadores.Mais le sommet de la honte n'est pas encore évoqué, les 5 toros de PEREZ TABERNERO, on souffert du même problème, en fin de lidia nous avons pu observer le toros qui se mettait à claudiquer d'une patte ou de deux, pour nous  appercevoir ensuite que du sang s'écoulait de son sabot, pour enfin voir le sabot tomber purement et simplement rendant la charge du bicho, impossible. De ce fait les rejoneadores ont du abréger leur lidia et tuer le toro.Ce phénomène s'est produit avec les cinqs toros de PEREZ TABERNERO et le plus fort c'est qu'il s'est également produit avec le sobrero de la ganaderia FANO. SCANDALEUX!!!!! Pourquoi ce phénomène un manque de calcium, une mauvaise alimentation, pourquoi la ganaderia changée au dernier moment, cela ressemble beaucoup à "magouille et compagnie", et cela est fortement déplaisant que MEJANNES, donne cette impression!! Pour ce qui est des rejoneadores, ils ont fait ce qu'ils ont pu, compte tenue des circonstances, je ne vous donnerai qu'un bref commentaire de leurs prestation, l'essentiel vous le connaissez.

RUY FERNANDES : (Bleu marine et dorure avec fleurs vertes trage portugues). Salut au centre-Vuelta

ANDY CARTAGENA : (Sable trage andalou). Salut au tiers-Aplausos

ALVARO MONTES : (Gris souris trage andalou).Vuelta- Vuelta.

FERNANDES, hérite du premier boiteux de la course, un toro aux charges incertaines et violentes, apres deux réjons de castigas bien plantés, il nous offre un combat volontaire, mais altéré par les mauvaises charges du toro qui bouscoule violamment sa monture et blesse son deuxième cheval à la fesse. Aprés vient la scène du sabot et un rejon vite espédié. Son second toro semble d'avance souffrir de sa boiterie, alors on le change pour un exemplaire de FANO, qui lui est plus coopératif dans la charge, FERNANDES se laisse aller à de beaux gestes on peu même noter un progression chez lui, des gestes plus surs, chez ce garçon qui est un faux débutant. Les quiebros sont saisissants, mais le rejon de muerte est laborieux, trois coups de descabello viendront conclure, là aussi un autre épisode de sabots.

CARTAGENA,  plus en forme qu'à ISTRES, est lui aussi trés volontaire, mais le vice de son premier adversaire et son manque de charge ne permettront pas grand chose. Son deuxième adversaire est de la même trempe et ANDY le torée avec la fougue et l'envie de celui qui sait que son toro va vite s'éteindre,des belles suertes ravieront un public qui s'ennuie ferme.

MONTES, le triomphateur du CENTAURE D'OR 2004 aux SAINTES MARIE DE LA MER, entame son premier toro avec la garocha, comme dans les campos, c'est une habitude qu'il a coutume d'exprimer et l'exercice est attrayant, l'orsqu'il est effectué par le chico de JEREZ DE LA FRONTERA. Le premier combat de MONTES est de loin le plus pointu sur le plan technique, tant dans les suertes, que dans le travail de lidia. MONTES arrive a inventer une charge à son adversaire, des quiebros aux rasoirs, une maitrise totale de la cavalerie. La fin, vous la connaissez, déception pour MONTES. A son deuxième adversaire, MONTES a envie mais il est fatigué, l'aprés-midi fut décevante et le public ne l'encourage pas beaucoup. De plus, son toro est une "carne " disons-le, j'escuserai donc ainsi les maladresses de MONTES.

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