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PHOTO DE YIYO EN TRIOMPHE SITE :WWW.TORO2000.COM

Il était jeune, beau, avait le sitio, la maestria et allait devenir le numero 1. De plus, il était de Madrid, juste au moment où ANTONETE se cherchait un fils spirituel. Jose Cubero Sanchez dit EL YIYO, c'est un destin digne d'une tragédie antique, quand la vie passe de la gloire à la tragédie ! El Yiyo  fait partie de ces hommes qui mourrurent jeunes, comme pour entrer, sans plus tarder dans la légende.

Jose est né le 14 avril 1964 à BORDEAUX (FRANCE), au consulat espagnol où son père était employé. C'est trés jeune, que le chico va revenir en Espagne. A douze ans, il entre à l'école taurine de MADRID, fondée deux ans auparavant. Ses frères Juan et Miguel essaieront aussi d'être matadors, mais deviendront sulbaternes. Juan notamment, sera le péon de confiance d'un autre poulain de l'école Taurine de Madrid, Jose Arroyo "Joselito". En 1978, Yiyo débute dans les novilladas sans picadors, aux cotés de Lucio Sandin et Jullian Maestro, issus comme lui de l'école Madrilène. Les trois jeunes diestros sont surnommés : "les petits princes de la tauromachie". Mais une fois novillero avec picardors, c'est Yiyo qui se démarque le plus et devient un novillero "puntero"(vedette).

Le 30 juin 1981, Jose, prend l'alternative à Burgos, des mains de Angel Teruel et en présence de Jose Maria "Manzanares", façe à du bétail de Buendia Pena. Dés lors, la carrière d'El Yiyo ne cesse d'accroitre, en Espagne d'abord, puis en Amérique du Sud, où il fait une tournée triomphale. L'année 1982 prolonge et installe Yiyo dans les ruedos, celle de 1983 est meilleure encore. Dans les Arènes Las Ventas (Madrid) il sort par la grande porte, après avoir coupé deux oreilles à "Triunfador" de Bernadido Gimenez et une oreille à un Alonso Moreno,nommé "Cigarron".  Malgré une temporada 1983 remarquable, El Yiyo est absent de Madrid durant la temporada 1984 et certaines grandes Feria. On le voit magré tout à Béziers, jour où Victor Mendes est blessé au coude par un toro de Sepulveda. 

EL CARTEL MALDITO.

Vient le 26 septembre 1984 et la tragique corrida de POSOBLANCO.Ce jour terrible, Francisco Riviera PAQUIRRI est blessé par le toro Avispado del la ganaderia Salayero y Bandrés et trouve la mort dans l'ambulance qui le conduit à l'hôpital de Cordoue. Jose, deuxième du cartel, est chargé de toréer et tuer le toro fatidique. Il coupe deux oreilles, dont une trempée du sang de Paquirri. Onze mois plus tard après une très bonne année 1985, YIYO aura rendez vous avec son destin.

L'année terribe. 

Pourtant l'année 1985, démarre fort bien, malgré le deuil qui attriste l'aficion, après la tragique mort de Paquirri. El Yiyo en cette année 1985, a le vent en poupe. Il est dans toutes les grandes férias et triomphe. Le 30 mai, pour ce qui sera sa dernière corrida à Madrid, il est au cartel de la prestigieuse corrida de la Bénéficienca, (traditionelle corrida de bienfaisance, organisée en présence du Roi Juan Carlos). Cette corrida de luxe est toujours évènement, y sont programmés des toreros vedettes, dans des cartels spectaculaires et prétudement historiques. On n'oublira pas celle de 1946, avec Gitanillo de Triana, Manolete et Pepe Luis Vazquez, où un certain Luis Miguel Dominguin, étoile montante et polémiste, clamant partout dans la presse, que Manolete le boycottait, avait chèrement payé le programateur des arènes,  pour être ajouté au cartel. Ainsi la corrida était passée de 6 à 8 toros. Dominguin, qui était dans la patio de caballo avait eu une conversation épique avec Franco qui lui avait dit "Luis Miguel, lequel de tes frères est communiste ?- Dominguin répondant "Excellence, nous le sommes tous !". Franco avait pris cela pour une plaisanterie, ou du mois l'avait-il feint, mais ne pouvait se permettre de faire assassiner, un torero aussi "people" pour reprendre une expression actuelle que Dominguin. Dominguin était un insolent, au moment de lui brinder son premier toro ( ce qui est la tradition lors de cette corrida), il  avait dit au Gaudillo" A vous qui êtes la première muleta d'Espagne.". Dans l'histoire de la tauromachie les corridas de la bénéficienca, furent toujours des corridas évènemens.  Plus tard en 1993 elle sera la théâtre d'un seul contre six mythique de Joselito, où celui d'un mano à mano épique, entre Rincon et Ortega Cano en 1991. C'est une corrida est télévisée en direct et elle fait sensation.

En cette année 1985, Yiyo est en mano à mano avec le fantasque Luis Francisco Espla. Vétu d'un costume grenat et noir, Jose signera une faena d'anthologie, face à "Ninito" de la Ganaderia Aldanueva.

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EL YIYO A L'OEUVRE PHOTO PROVENANT DU SITE : www.vidaribatejana.com

Le 30 août 1985, les arènes de COLMENAR VIEJO sont pleines, le cartel est alléchant. Antonete, Jose Luis Palomar très en vue à l'époque et El Yiyo qui est venu en remplacement de Curro Romero, blessé à Linares (autre ville funeste dans l'Histoire taurine). Les toros du jours sont de Marcos Nunez. YIYO est en terrain conquis, puisque nous sommes dans la région de Madrid, il est venu, vétu de bleu marine et or, avec sa cuadrilla, qui a été un peu remaniée. Son premier banderillero est son frère Juan, remplacant le frère de Damaso Gonzalez,le deuxième péon est Antonio Saguar El Pali, peon madrilène, banderillero dynastique, cadet d'une grande famille de péones nommés les "Pirri", et enfin le puntillero de la cuadrilla est Pablo Cordoba.  Aprés une tarde intéressante, Jose s'appréte à recevoir le dernier toro de l'aprés midi.

Les clarines sonnent, la porte du toril est ouverte. Apparait Burlero, un petit toro, negro y blanco bragado, aux cornes gachitas. Il a un joli petit galop et semble réfléchir .Chargeant avec la tète agréablement basse, Yiyo le reçoit à la cape et donne, au tercio des piques, un excellent quite par chicuelinas. Le tercio des banderilles rondement mené, les clarines sonnent pour la derniere fois de l'aprés midi, annonçant le dernier tercio. Le maestro est en forme, il donne à Burlero une faena féérique, débutant genoux à terre, puis  alignant des passes amples et templées! Jose se croise, il n'a pas peur, il a le toro dans sa poche et le public avec. La musique joue soutenue par les olés du public. Les naturelles sont de toute beauté, toute le classisisme madrilène ressort de cette faena. Enfin, il faut tuer. Le maestro est allé chercher son épée de mort. La musique ne cesse que lorsque EL YIYO replit sa muleta pour se préparer à donner l'estocade. Il ajuste sa lame, se positionne et pinche une première fois. Le public est déçu, mais les oreilles ne sont pas perdues, Jose n'a pas laché l'épée. Il a le dos aux planches, ce sera une sortie contraire, mais Burlero baisse bien la tête. On entend la rumeur du public qui vient d'assister à une faena sublime et dont il espère qu'elle se terminera par une bonne estocade. Le matador se profile et se jète sur l'animal. Il se mouille les doigts car l'estocade est entière. Le torero se dégage du toro, les péones fonçent, le public applaudit, il voit deja le jeune torero, les deux oreilles à la main. Mais Burlero, qui a laissé au jeune matador juste le temps de se dégager, se retourne sans regarder les banderilleros et se rue sur le matador. Yiyo, qui présente sa muleta par réflexe, pour dévier sa charge, ne s'attendait pas à un tel retournement. La bète va droit au but et attrape José à la jambe et l'envoi au sol . C'est la panique, El Yiyo roule pour tenter de se dégager du toro, les banderilleros mettent  leur capes en travers pour dévier le fauve de sa proie, mais rien n'y fait, il ne voit qu'El Yiyo, et fonce à nouveau. Déchainé par la douleur mortelle de l'estocade, le toro remprend Jose au sol, en lui plantant sa corne sous l'aisselle. Le diestro suspendu retombe droit sur ses jambes et se dégage du toro. Le diestro est gravement blessé, car la corne de Burlero s'est logée vers sa poitrine. Il  cour en direction de la barrière, soutenue par El Pali

Arrivé aux barrières, EL YIYO se retourne vers PALI et lui dit d'un soupir : " Me ha matado"," il ma tué!" A ces mots, il s'écroule dans les bras du banderillero horrifié. Jose Luis Palomar qui a sauté en piste pour porter secours,le soulève, il est inanimé. On le porte dans la contrepiste, jusqu'à l'infirmerie. Les spectateurs se lèvent sans comprendre, pourtant certains se retournent pour ne pas voir le visage cadavérique, que les yeux grands ouverts du jeune maestro, expriment cruellement. Qui se doute à ce moment là, que Jose Cubero El Yiyo vient de trépasser. Pendant quedans le callejon, on le conduit vers l'infirmerie, Juan son frère cour dans la piste, pour suivre le convoit. Il ne quitte pas son frère des yeux. Ortega Cano venu en spectateur, aide à porter l'infortuné maestro. On  murmure, on commente, "la corne a touché la cuisse", "mais non il est juste sonné"..  Arrivé à l'infirmerie,seul El Pali, a le droit de rentrer.  Le médecin n'a plus qu'à constater le décés. JOSE CUBERO SANCHEZ EL YIYO a réçu la corne en plein coeur et s'est éteint d'un coup. Il est retombé sur ses pieds, droit comme un soldat digne, qui se reléve terrassé par l'adversaire, dans le champs d'honneur du ruedo. Quand la nouvelle tombe, l'horreur et l'abbatement s'expriment sur les visages. Antonete, qui vient d'apprendre le drame, s'agenoue dans la contrepiste, jéte  piétine sa cape,et pleure son fils spirituel.

Et puis la presse, avec son lot de voyeurisme. On filme les picadors taper du poing, se mettre le visage dans les mains. Le père d'El Yiyo pleurer toutes les larmes de son corps. Le lendemain on interwiew Pablo Cordoba en larme qui parle d'un "toro asesino".

"On a essayé de détourner le toro avec nos capes, mais rien n'y a fait... un toro de rate jamais sa cible... son sang criait vengeance... j'ai mis ma main sur son coeur et quand j'ai vu ses yeux, j'ai compris qu'il était mort, alors j'ai dis, "il me la tué", cet assassin me la tué..."dit il en s'effrondant en larmes.

 

El Pali qui suivait El Yiyo à la barrière, juste après a cornada, est plus sobre et donne tout l'ampleur du drame :

Le journaliste : Quels ont été les derniers mots du Yiyo pour toi?

El Pali : Rien, il ma regardé et ma dit "Il ma tué" et il était mort.

Le journaliste : C'est tout ?

El Pali : Son bras ma serré, puis ma laché. Pas plus.

Le journaliste: Pas plus?

El Pali : (La Voix sanglotante).Non.C'est tout, ces mots "me ha matado", simplement.

Le lendemain on expose la dépouille du YIYO, vêtue de son costume grenat et noir (celui de la bénéficienca). Cela devient du spectacle et un tableau indécent. On filme l'arrivée de sa dépouille dans l'appartement de ses parents, au  deuxième étagle d'un immeuble de Canilleras (Madrid). Les télévisions, sans pudeur, filment les pleurs de la mère, du père, de la grand mère et deux frères d'El Yiyo, les lamentations des voisins... Bref plus rien qui ne ressemble à EL YIYO.

Il est inhumé deux jours aprés, on a ouvert son cerceuil pour que la foule puisse le voir une dernière fois. Enfin on lui a fait faire le tour des ARENES DE LAS VENTAS A MADRID, une dernière fois. Paquirri n'est plus là pour le pleurer. Une certaine malédiction reignera sur les trois petits princes de la tauromachie, Julian MAESTRO ne réussira pas, SANDIN perdra un oeil dans une novillada à SEVILLE, puis une fois matador, il subiera un grave accident d'automobile , qui l'éloignera définitivement des ruedos. Son frère Juan devra compléter la cuadrilla de Joselito, car en mai 1988 à Madrid, son péon El Campeno, mourra égorgé par un toro lors de la confirmation d'Alternative d'El Fundi. "Destino Maldito."

yiyoYIYO SUR SON LIT DE MORT. Photo provenant du site : www.elpais.es

les terribles images de la corrida de COLMENAR VIEJO sont disponibles sur www.youtube.com