CI-DESSOUS PHOTO D'EL FUNDI PROVENANT DU SITE CORRIDA TV.COM

el_fundi

La corrida du dimanche aprés midi a redonné ses lettres de noblesse à l'art tauromachique, et cela grace à la maestria d'un seul homme : "EL FUNDI".  En effet la corrida concours annuelle 2006, avait la particularité de ne comporter qu'un seul maestro qui se devait de valoriser les toros de la course. Mission effectuée avec brio, par le diestro de FUENLABRADA. Une corrida-concours étant un événement particulier, nous détaillerons individuellement le combat mené par chaque toro et donnerons dans un même temps, une vision d'ensemble de la prestation d'EL FUNDI.

La Présidence était assurée par Monsieur Gérard MAS assisté de Messieurs BRIGATI et GEYRAUD.

EL FUNDI : VERT ANIS ET NOIR : (Salut au tiers-Silence-2 Oreilles-Salut au tiers-1 Avis,1 Oreille-1 Oreille.)

Angel GOMEZ ESCORIAL vétu de Bleu nuit et or et Miguel Angel GARCIA vétu de Bordeaux et or, officiaient en sobresalientes.

Comme de coutume, la corrida concours est basée sur un réglement, il est bien dommage qu'à ARLES ,  le  réglement eut été quelque peu modifié. Le magnifique petit papier explicatif, qui stipulait les régles de cette corrida concours, expliquait que pour que le toro puisse entrer dans le classement, il fallait qu'il accepte au minimum deux piques! Alors que le véritable réglement stipule qu'il doit en consentir au moins trois! Deux solutions : soit le réglement a changé pour s'adapter au manque de vigueur de nos toros actuels, ce qui est mauvais signe pour la qualité de nos corridas, soit les arênes d'ARLES, ont pris des libertés sur le réglement ce qui est pire! Enfin une régle énoncée dont jespère qu'elle est bien propre à la situation du moment, explique que si un toro abimé devait être changé par la présidence, le toro de réserve serait déclaré hors concours, en revanche  le picador qui le pique resterait dans la compétition. Ce jour il y a trois toros de réserve, pourquoi  sont-ils trois au lieu de deux pour les corridas traditionelles,  nous l'ignorons, peut être est-ce autorisé pour les corridas concours? De plus ces toros de réserves proviennent des ganaderias TARDIEU  et RAMOS, qui participaient déja au concours! Dans ce cas là, la régle peut se comprendre, il est évident que si en réserve il y a des exemplaires de ganaderias qui font partie de la compétition, ce serait les avantager que de permettre à leurs sobréros d'entrer dans le concours! 

LES TOROS

Quatre ganaderias espagnoles : ANDRES RAMOS, VALDESFRENOS, DOMINGO HERNANDEZ et CLEMARES DE PEREZ TABERNERO et deux ganaderias françaises : Heritiers d'AIME GALLON et ALAIN TARDIEU.

Le premier exemplaire de la course appartient à la ganaderia des héritiers d'ANDRES RAMOS, couleurs NOIRE ET OCRE, propriété de MARIA DEL ROSARIO PEREZ TABERNERO. La ganaderia est située  à FUENTEGUINDALDO (SALAMANQUE). Les origines : JUAN PEDRO DOMECQ et ALDANUEVA. L'ancienneté à MADRID est datée du 5 juin 1955. Le toro d'ANDRES RAMOS est nommé "GUSANITO", il porte le numéro 25 et  pèse 580 kg. Il est bien armé, et d'une taille intéressante. Sa charge dans premier temps semble noble, mais l'on peut percevoir qu'il serre sur une corne. Néanmoins le bicho ne semble pas rechigner  à charger sous la pique de DAVID PRADOS en violet et or, (frère d'EL FUNDI), sous laquelle il poussera à trois reprises avec une certaine bravoure, bien que la dernière pique ne soit pas véritablement ajustée. Aprés un bon tercio de banderilles, executé par le maestro lui-même,  la faena de FUNDI est juste et  bien dirigée, surtout à gauche, le toro passant mieux, comme c'est indiqué plus haut. EL FUNDI  fait preuve de pureté et n'hésite pas à revenir sur la corne droite qui est pourtant incommode. Dommage que la demi estocade pourtant bien placée ne soit pas concluante, car au descabello, FUNDI sera un peu plus maladroit et perdra un trophée pourtant bien mérité!

Le deuxième exemplaire de la course se nomme "MARQUESINO", porte le  numéro 89 et pèse 550 kg. Il est né en aoùt 2002, de couleur negro bragado et porte le fer de la GANADERIA VALDESFRENO, couleur rouge et or. Cette ganaderia est située à SALAMANQUE, son ancienneté à MADRID est datée du 16 mai 1994. Cette élevage tient ses origines de PARLADE et PUERTO DE SAN LORENZO. Le propriétaire est NICOLA FRAILE MARTIN. MARQUESINO est un toro à la charge mesurée et hésitante. Des sa sortie, il donne des avertissements déplaisants. En revanche sous le fer, le toro fait preuve de vigeur et reviendra cinq fois, en poussant essentiellement avec la corne gauche. C'est NICOLAS BERTOLI vétu de blanc et noir qui est chargé du tercio de piques, et il exécute avec assurance. La faena de FUNDI sera brève de part la dangerosité de l'animal auquel il n'y a pas grand chose à tirer. EL FUNDI le termine par une bonne entière.

Le troisième toro s'appèle " BELEU" (en provercal, cela signifie "peut-être".) Il appartient à la ganaderia TARDIEU, porte le numéro 99 et pèse 520 kg. Son pelage est negro liston chorreado. La ganaderia TARDIEU qui n'a pas d'ancienneté à MADRID comme les ganaderias qui suivront,tient ses origines des fers de POULY et PEREDA, ses couleurs sont "violet,blanc et or". BELEU s'avère vif dans la cape et d'une grande bravoure au tercio des piques assuré par le picador TOMAS SANCHEZ en saumon et noir. Le toro retournera trois fois à la pique poussant si fort lors de la dernière fois, qu'il mènera la cavalerie jusqu'aux planches. EL FUNDI soucieux de se reposer décide de ne pas banderiller. Il donne une faena engagée, face à un animal qui manque de noblesse et devient dangereux, mais JOSE PEDRO montre qu'il est un véritable lidiador et arrive à donner au toro toute la charge qui lui manque et ce malgré le danger. Un estocade efficace lui permettra de couper deux oreilles bien méritées.

Le quatrième toro est appelé "PIES DE GALGO", il porte le numéro 82 et pèse 510 kg. Avec un pelage colorrado, "PIES DE GALGO" est né en avril 2002, sous le fer des frères GALLON. Les couleurs de la ganaderia sont "vert et noir". La ganaderia GALLON a pour origines les ganaderias HERMANOS SAMPEDRO, MANOLO GONZALEZ et  NUNEZ. Ce GALLON passe bien sous la cape du FUNDI, qui de son coté reste trés engagé avec l'étoffe. Sous la pique de MANUEL JESUS, vétu de Bleu azur et or, il retournera deux fois à la pique, prenant ainsi trois chatiments. Mais la vigeur  ne savèrera pas sans faille chez le bicho, qui montrera des signes de faiblesses aprés le second tercio. FUNDI ,comme à son toro précédent, n'exécute pas le tercio des banderilles.Le maestro prendra à l'animal plus qu'il en a, lors de la faena de muleta, mais devra laisser un toro sur la défensive.

Voici le toro "OSADO" portant le numéro 89, poid 540 kgs, pelage castano bragado. Il appartient à la ganaderia DOMINGO HERNANDEZ, dont les couleurs sont" bleu, incarnat et noir". Les origines viennent de ganaderias diverses, GAMERO CIVICO, PEREZ TABERNERO, GARCIGRANDE, LAMANIE DE CLAIRAC.  OSADO qui était litigieux lors du sorteo à cause d'une corne endommagée a donc été autorisé à sortir en  piste par la présidence et le jury. Dés sa sortie, il montre de trés bons signes, à la cape d'abord  admirablement guidée par  EL FUNDI, qui lui donne superbement bien la sortie, puis à la pique. OSADO ira dont trois fois au chatiment sans rechigner, poussant chaque fois davantage sous la  pique de JUAN CARLOS SANCHEZ, vétu de rouge carmin et or, qui n'a pas trés bien maitrisé la situation, placant mal son équidé. Néanmoins aprés un tercio de piques tout à son honneur, OSADO sera affaiblie. EL FUNDI décide ensuite de prendre les banderilles qu'il pose avec goût et alégria. La faena du FUNDI sera à la hauteur de l'enjeux et du toro, comme pour les quatre autres, même le âpre VALDESFRENO. JOSE PEDRO, donnera la mesure à cet animal d'une grande noblesse, avec un temple et un sitio frissonant. Le FUNDI prend plaisir à toréer OSADO qui, de son coté, donne l'impression de prendre plaisir à être toréé. Il n'est donc pas difficile d'imaginer la joie du public. Seul fausse note, les deux coups de descabello aprés une entière, qui priveront FUNDI d'une deuxième oreille légitime.

C'est enfin au tour d'un exemplaire de CLEMARES PEREZ TABERNERO, dont j'ai déja expliqué ce que j'en pensais dans ma publication sur la corrida du REJON D'OR à Mejannes. Mes impressions du 16  juillet se sont donc confirmées ce dimanche aprés midi, car l'exemplaire de TABERNERO est sortie en boitant d'une manière assez semblable à celle de ses frères tués à Méjannes. Bref aprés l'épisode du toro boiteux, on passe à la sortie d'un sobrero d'ANDRES RAMOS. L'animal bien présenté, donne d'excellents signes de noblesse au premier abord. FUNDI décontracté livre un jeu de cape assez pur, puis mène son toro à la pique. Le bicho retournera trois fois sous la pique de MARC ALLIEN-MARTIN, vétu de noir et or.  La faena de FUNDI est égale aux autres, templées, a gusto. Mais le président faisant la fine bouche en fin de parcours, ne  se décidera pas à demander la musique. FUNDI va donc s'échiner à toréer ce toro qui tout en étant noble n'était pas un bonbon, et si bien que le toro lui accrochera l'aisselle dans un pécho peut être trop engagé.  Le toro  aprés avoir projetté sa proie au sol,a ensuite repris EL FUNDI et la envoyé à quelque mètres devant lui. Cet incident vient non pas du toro qui  s'est avisé comme l'on prétendu les critiques, mais du FUNDI qui était peut être sur de lui. Cela dit pour toréer ce genre de toro, mieux vaut l'être. Mais il y a une erreur qu'EL FUNDI a fait plusieurs fois durant cette course et qui aurait pu lui couter une voltereta à plusieurs reprises. Les toros lui ont quelques fois accroché l'étoffe et FUNDI resistait en tirant de son coté , ce qui a eu plusieurs fois pour effet de le voir presque sur les cornes. Mais il n'empêche qu'il a toréé ce toro d'une main de maitre. Il le tuera d'un PINCHAZO et d'une ENTIERE avec fougue. Aussi la présidence lui accordera une oreille à la demande hunanime du public cela va de soit.

Les picadors était montés sur six chevaux de ALAIN BONIJOL nommés dans l'ordre : PACO (monté par DAVID PRADOS au premier toro.), SAFIRO (monté par NICOLAS BERTOLI au deuxième toro.), QUINCE (monté par TOMAS SANCHEZ au troisième toro.), NUTS (monté par MANUEL JESUS au quatrième toro.), CATALOJA (monté par JUAN CARLOS SANCHEZ au cinquième toro ,) et ICONE (monté par MARC ALLIEN-MARTIN au sixième toro.)

LE TROPHEE DU MEILLEUR TORO DE LA CORRIDA CONCOURS 2006 A ARLES A ETE ATTRIBUE A :

"OSADO" de DOMINGO HERNANDEZ.

Cette décision a été mal vécu par les amies de l'élevage TARDIEU et par ceux qui comme moi ont bien aimé la prestation de "BELEU". Il est vrai que les deux toros ont été bravos à la pique, ils y sont retournés le même nombre de fois et se sont bien battus sous le fer. Mais il est vrai que le DOMINGO HERNANDEZ s'est avéré noble à la muleta ce qui n'est pas le cas du TARDIEU qui lui a montré qu'il était avisé et dangereux. Donc  une point pour la noblesse de l'HERNANDEZ. En revanche le TARDIEU a montré  vraiment sa  rabia lors de la rencontre avec le cheval, bien plus que l'HERNANDEZ, et ensuite il est ressorti de ses rencontres avec la pique, frais comme un gardon, alors que l'HERNANDEZ tirait déja la langue et semblait affaibli. Sur ce point de vue c'est le TARDIEU qui gagne un point. De ce fait il m'est trés difficile de  me prononcer, on regrette qu'il ny 'ait pas deux  vainqueurs, car vraiment les deux méritaient ce trophée.

En ce qui concerne EL FUNDI, il a montré qu'il était un grand torero, un lidiador, comme jadis MANILI, EL MARISMENO,RUIZ MIGUEL, RAFAEL ORTEGA, ANTONIO BIENVENIDA, l'étaient. Il peut être fier de sa prestation de dimanche, car rien n'est à jetter, il a toréé dans le respect du public, du toro, et de ces arênes d'ARLES à qui 'il doit  beaucoup. Il a valorisé ses adversaires, il a été  grand du début à la fin, aprés des corridas comme ça, on se dit qu'on a eu bien raison de revenir quand même, malgré celles qui nous ont déçu!