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photo ci-contre provenance site :www.geocities.com

Le maestro et sa célèbre méche blanche, qui lui est apparu trés tot.

Que dire du style "ANTONETE" qui ne soit pas en dessous de la réalité? De ces passes amples et interminables, dont il avait le secret, transpirait la rumeur du public madrilène, exigeant, austère et profond. ANTONETE, fragile et délicat, a pourtant traversé le temps, de succés en fiascos, de blessures en adieux et de retours en triomphes!

Antonio CHENEL ALBADEJO, est né à MADRID le 15 juin 1932. Marqué par les idées politiques de son père, ANTONIO vient d'une famille modeste. Aussi la famille, vient vivre à la place LAS VENTAS chez le beau frère PACO PAREJO, qui est chargé de l'intendance des arênes. ANTONIO a donc salit ses culottes d'enfant dans le sable de la monumental, autant dire que le tendido 7 la vu grandir.

Pourtant malgré  son environnement, ANTONIO ne se lance que tardivement  à "los toros", en débutant sans picadors, sur son terrain de jeu, "les ARENES DE LAS VENTAS", avec les charros MEXICANOS.

Il débute ensuite avec picadors en février 1951 à BARCELONA. Puis vient la présentation à MADRID, le 5 juin 1952, aux cotés de MANUEL PERERA et "CARILES" devant du bétail de NICASIO LOPES NAVALON. Ce cartel est répété le 12 et 16 juin suivant. ANTONETE est d'amblée apprécié par le public madrilène qui s'accomode de son poignet souple et ample.

ANTONETE prend l'alternative à CASTELLON DE LA PLANA, le 8 mars 1953 , son parrain est JULIO APARICO et son témoin le grand "PEDRES". Le toro de la cérémonie se nomme "CARVAJAL" et appartient à la ganaderia FRANCISCO CHICA.

Il confime quelques mois plus tard, son alternative dans ses chères arênes de LAS VENTAS. Face à du bétail d'ALIPIO PEREZ TABERNERO, il recoit la confirmation des mains du grand lidiador RAFAEL ORTEGA, en présence de JULIO APARICIO. Le toro de la confirmation se nomme "RABON".

A partir de là, la carrière d'ANTONETE s'avère prometteuse. L'année 1953, le jeune matador torée 36 corridas. L'on peut déja à l'époque percevoir les style d'ANTONETE.

A la cape ANTONETE impressionne pour l'amplitude de ses véroniques et pour le temple qui en dégage. Ses fins de séries sont souvents ponctuées par de majestueuses réboleras. A la muleta, ANTONETE  respecte à la lettre les canons classiques de la tauromachie. : Démarrant ses faenas, des barrières en gagnant vers le centre, avec de magnifiques rédondos. Puis il y a cette main gauche, qui donne des naturelles, templées et cadencées, dans la plus pure tradition du torero classique, en pesant sur le toro. Mais trés vite, l'on percoit chez ANTONETE, un fragilité évidente, qui fera son malheur et en même temps le charme de son style.

A droite cette photo provenant de www.platayoro.org. Le maestro donnant une dérechazo. On peut percevoir, la maitrise et le temple dont il s'avait preuve.

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En effet, le 19 mai 1954, il est grièvement blessé à LAS VENTAS, par un toro de BARCIAL. Rebelote en 1955, où il se fait prendre, de nouveau à MADRID. Les années passent, ANTONETE , torée une quarantaine de corrida par an, il va torée en AMERIQUE LATINE. Les succés sont là, mais les performences d'ANTONIO, sont irrégulières. ANTONETE, peut donner une faena magistrale à un toro, comme il peut se décomposer face un cornupede qui ne l'inspire pas. De plus ANTONETE, se sent fragile, et plus années passent, plus il a l'impression de ne pouvoir compter sur son physique. Aprés 20 années d'ALTERNATIVE, et une carrière importante, même si en dents de scie, il se retire à MADRID, le 7 septembre 1975, et c'est son beau frère, qui lui coupe la coleta.

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PHOTO A GAUCHE PROVENANT DU SITE www.geocities.com, les adieux d'ANTONETE à MADRID, en 1985.

Mais trés vite, il renie ce départ et torée des festivals ca et là. Il réapparait le 12 avril 1981 à MARBELLA, aux cotés de RAFAEL DE PAULA et de CURILLO, face à un élevage qu'ANTONETE affectionne, les JOSE LUIS OSBORNE. En effet, entre cette race de toro et ANTONETE ,c 'est une grande histoire, qui démarre en 1966, pour une SAN ISIDRO. Un jour de corrida ou ANTONETE, triomphe d'un OSBORNE, tout blanc comme le veut la race de cette ganaderia (Origine SANTA COLOMA.) Le toro se nomme ATREVIDO et ANTONETE lui donne une des plus grandes faenas de sa vie. Ce jour là , il donne une une lecon de tauromachie, en commenceant par des demi dérechazos,qu'il enchaine par des naturelles d'un grande profondeur  et conclu par une estocade dont il avait le science! Car à MADRID, on tue bien. ANTONETE, sort par la grande porte de la MONUMENTAL. Depuis là, les toros blanc d'OSBORNE, seront ses toros favoris. L'année 1985, il coupe une oreille à deux toros restés à la postérité, LAMPISTERNO, numéro 60, qu'il tue à CORDOBA, et GALINERO, numéro 86, qu'il tue à ANTEQUERA. Avec cet élevage, il se sent à l'aise, si les toros imbistent bien, il se donne, car c'est nécessaire pour son torero. Mais l'année 1985, est néamoins décevante, même si le style ANTONETE a gagné en profondeur, les succés sont trop irréguliers. Pourtant, le public , s'extasie devant ses cites de loin et ses entammes de faena, avec la muleta tenu en main gauche et l'épée qui agrandit l'étoffe, comme le faisaient les toréros du temps jadis, JOSELITO, BELMONTE. A MADRID, on aime ca et ANTONETE, reste ANTONETE. Mais, un jeune toréro, du cru, talonne le vieux sage de LAS VENTAS, il se nomme EL YIYO, et si son style rappelle celui d'ANTONIO, sa technique et sa jeunesse lui permettent de triompher plus souvent.ANTONETE, en homme sage le sait et ne s'en offusque pas, il a pris d'affection le jeune YIYO, mais le 30 août 1985, il est là en habit de lumière et assiste à la mort prématurée du jeune diestro dans les arênes de COLMENAR VIEJO. ANTONETE décide de quitter les ruédos à jamais. Il torée une ultime corrida toujours à MADRID, aux cotés de CURRO VASQUEZ, entre autre, mais ne coupe pas d'oreilles, on le sort par la grande porte,  l'on est décu et lui aussi. Il réapparait à nouveau entre 1987 et 1988 et obtient des succés d'estime. Il toréait dans des festivals, jusqu'à il y encore peu de temps, son style ne vieillit pas, mais l'homme vieillit et cette douce fragilité, devient de la fragilité pure et dure et implacable. Antonete intervient sur CANAL PLUS ESPAGNE, pour le commentaire des corridas.

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ANTONETE, aura démontré que la tauromachie n'est pas un sport, et que le temps donne de l'ampleur à la suerte taurine. Cette fragilité prématurée, lui aura finalement permis de durer, car on a jamais vraiment rien attendu de lui. Mais le public a toujours été dérouté par ses gestes mémorables. ANTONETE reste et restera un grand nom de la tauromachie, il n'a rien inventé, mais il aura défendu et consolidé l'art taurin, dans la plus pure tradition classique.Aussi il est permis d'appeler, celui qui boit un verre de wisky avant chaque corrida, MAESTRO!

Photo provenant du site www.ociocritico.com, le maestro se préparant à donner une naturelle dont il avait le secret.

CETTE PUBLICATION EST DEDIEE A MON AMI JEAN-PAUL, AFICIONADOS DE LONGUE DATE, GRAND ADMIRATEUR D'ANTONETE ET GRAND CONNAISSEUR DE LA TAUROMACHIE ET DE SON HISTOIRE.